Tanzanie
Un an après les violences postélectorales d’octobre 2025, qui ont fait au moins 518 morts selon une commission d’enquête, la présidente de la Tanzanie Samia Suluhu Hassan annonce une série de mesures politiques et judiciaires.
Un an après les violences qui ont secoué la Tanzanie à la suite de l’élection présidentielle de 2025, le pouvoir tente d’ouvrir une nouvelle séquence politique. S’appuyant sur les conclusions d’une commission d’enquête présidée par Mohamed Chande Othman, la présidente Samia Suluhu Hassan a détaillé une série d’initiatives destinées à répondre à la crise.
La commission estime qu’au moins 518 personnes ont perdu la vie lors des violences, survenues dans un contexte de coupure d’Internet et de fortes tensions politiques. Plus de 800 blessés par balles ont également été recensés. Le rapport souligne toutefois que le bilan pourrait être plus élevé, certaines familles ayant enterré leurs proches sans passage par les morgues.
Depuis ces événements, 245 personnes restent portées disparues, tandis que 39 familles affirment avoir vu les corps de leurs proches en morgue avant leur disparition ultérieure. Si la commission écarte l’hypothèse de fosses communes, elle recommande des investigations supplémentaires sur les usages des armes à feu et plusieurs cas de décès survenus à domicile.
Les violences ont éclaté le 29 octobre 2025, dans un climat électoral tendu. Des manifestations ont été déclenchées par des jeunes dénonçant la marginalisation de l’opposition, alors que son principal leader était incarcéré pour trahison et qu’un autre candidat avait été exclu de la présidentielle.
Réélue avec 97 % des voix, Samia Suluhu Hassan faisait face à de vives critiques d’observateurs internationaux dénonçant un scrutin inéquitable. La coupure d’Internet durant plusieurs jours avait accentué les tensions, une mesure dont la présidente a depuis reconnu la portée controversée.
Dans son intervention, la cheffe de l’État a reconnu la gravité de la situation, déclarant :
« Ce qui s’est passé en octobre 2025 n’a ni stoppé ni réduit les problèmes auxquels notre pays est confronté. Le chaos a éclaté, mais le chaos et la violence n’ont pas résolu nos problèmes. Au contraire, ils les ont aggravés. »
Dans la même logique, elle a insisté sur la nécessité de tirer des conséquences institutionnelles de la crise :
« Les conclusions de cette commission guideront les amendements constitutionnels de notre pays. »
Parmi les mesures annoncées figure la création prochaine d’une commission de réconciliation, chargée de favoriser l’apaisement national et d’accompagner les réformes politiques à venir.
Parallèlement, un nouvel organe d’enquête criminelle sera mis en place. Il aura pour mission d’identifier les personnes impliquées dans la planification, le financement et l’exécution des violences, mais aussi d’enquêter sur les accusations de pillages, de destructions d’infrastructures, de disparitions de corps et d’allégations d’enlèvements.
Si ces annonces marquent une volonté affichée de tourner la page, elles interviennent dans un contexte où les blessures restent profondes et les zones d’ombre nombreuses. Pour une partie des observateurs, l’enjeu dépasse désormais la seule gestion de crise : il touche à la capacité du pouvoir tanzanien à restaurer durablement la confiance politique et institutionnelle.
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