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Le Zimbabwe envisage un projet de loi controversé visant à prolonger le mandat présidentiel

Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, au centre, aux côtés de son directeur de campagne et du ministre de la Justice.   -  
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AP

Emmerson Mnangagwa

Le gouvernement du Zimbabwe a présenté mardi au Parlement un projet de loi visant à prolonger de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa, jusqu'en 2030, malgré les critiques formulées par une opposition divisée et certains vétérans de la guerre de libération du pays.

Ce projet de loi sera débattu mercredi en deuxième lecture au Parlement.

Mnangagwa, âgé de 83 ans, devrait quitter ses fonctions en 2028 après avoir exercé deux mandats de cinq ans à la tête de l'État, mais ses partisans souhaitent modifier la Constitution afin de faire passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.

Ils souhaitent également que les présidents soient élus par le Parlement plutôt que par un scrutin populaire direct.

Le ministre de la Justice, Ziyambi Ziyambi, a présenté le projet de loi à la chambre basse du Parlement.

Les analystes politiques s'attendent à ce qu'il soit adopté sans difficulté, car le parti ZANU-PF de Mnangagwa dispose d'une majorité des deux tiers à la chambre basse et contrôle également de manière écrasante la chambre haute grâce à des chefs traditionnels et d'autres mandataires qui votent généralement en sa faveur, ce qui lui donne les voix nécessaires pour modifier la Constitution.

Ziyambi a déclaré précédemment qu’il s’attendait à ce que le processus législatif dure environ un mois.

Le ZANU-PF dirige le Zimbabwe depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1980, d’abord sous la houlette de son dirigeant de longue date Robert Mugabe, puis sous celle de Mnangagwa, qui a pris le pouvoir après un coup d’État en 2017.

Mardi, un groupe de généraux à la retraite et d’anciens fonctionnaires a publiquement fait part de son opposition au projet de loi visant à prolonger le mandat de Mnangagwa.

Ils ont déclaré avoir rencontré Mnangagwa le mois dernier pour lui faire part de leurs inquiétudes, mais celui-ci leur aurait répondu « que le gagnant l’emporte », faisant référence à l’adoption éventuelle du projet de loi.

Certains anciens combattants et militants ont également contesté le projet de loi devant la Cour constitutionnelle, qui a réservé son jugement le temps d'examiner leurs arguments.