Djibouti
Les Djiboutiens se sont rendus aux urnes vendredi à l'occasion d'une élection présidentielle qui devrait offrir un sixième mandat à Ismail Omar Guelleh, âgé de 78 ans, qui n'a pour seul adversaire qu'un candidat peu connu dans ce petit pays de la Corne de l'Afrique, pourtant hautement stratégique.
Guelleh dirige d'une main de fer depuis 27 ans ce pays d'Afrique de l'Est d'environ un million d'habitants, tirant parti de sa situation géographique clé pour en faire une plaque tournante militaire et maritime internationale. Ses 23 000 kilomètres carrés (8 900 miles carrés) abritent des bases militaires et des contingents français, américains, chinois, japonais et italiens, générant d'importants avantages financiers, sécuritaires et politiques. Guelleh avait annoncé qu'il se retirerait cette année, mais un amendement constitutionnel adopté en novembre a supprimé la limite d'âge de 75 ans pour les candidats à la présidence, lui ouvrant ainsi la voie pour se présenter à nouveau.
Le taux de participation est resté faible tout au long de la journée dans plusieurs bureaux de vote visités par des journalistes de l'AFP, aucun n'ayant enregistré plus de 25 % des électeurs inscrits ayant voté.
Un peu plus de 256 000 personnes sont appelées à choisir entre Guelleh et Mohamed Farah Samatar, chef du Centre démocratique unifié (CDU), un parti qui ne dispose d’aucun siège au Parlement. Sous haute sécurité, Guelleh, largement connu sous ses initiales IOG, a voté à la mairie aux côtés de son épouse, tandis que Samatar avait voté plus tôt.
Les bureaux de vote doivent fermer à 18 h (15 h GMT), et les résultats sont attendus peu après. Guelleh a recouvert la capitale Djibouti d'affiches de campagne et attiré des milliers de personnes à ses rassemblements, tandis que Samatar a eu du mal à gagner du soutien. La chaîne nationale a diffusé l’un des rassemblements de Samatar, auquel seules quelques dizaines de personnes avaient assisté.
Chômage et dette
Lors de la dernière élection présidentielle de 2021, largement boycottée par l'opposition, Guelleh a remporté plus de 97 % des voix. Il n'a rencontré que peu d'opposition depuis qu'il a succédé au premier président du pays, Hassan Gouled Aptidon, en 1999. Il était auparavant chef de cabinet d'Aptidon. En 2005, il a été réélu sans opposition. Sa candidature est perçue par certains comme un gage de « stabilité » dans la région troublée de la Corne de l’Afrique, mais les analystes estiment qu’elle est motivée par l’absence d’un successeur unanimement accepté. L’état de santé du président fait l’objet d’une attention particulière.
Malgré les affirmations de la Ligue djiboutienne des droits de l'homme selon lesquelles ce scrutin est une « mascarade », des citoyens ont déclaré à l'AFP qu'ils étaient impatients de voter. « C'est un devoir d'aller voter », a déclaré Yussuf Mohamed Hussein. « Je vais voter pour le président ; Samatar, je ne le connais même pas. » Environ 70 % des jeunes Djiboutiens sont au chômage et le développement du pays s'est fait au prix d'une dette considérable, notamment envers la Chine. Djibouti est situé sur le détroit stratégique de Bab al-Mandab, qui sépare la mer Rouge du golfe d'Aden et constitue l'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde. Ne pouvant compter sur l’agriculture, le pays tire 70 % de son produit intérieur brut de ses ports, l’Éthiopie constituant son principal débouché maritime. La nation est accusée par les organisations de défense des droits de l’homme de réprimer la dissidence, tandis que Guelleh fait face à des accusations de favoriser son propre groupe ethnique majoritaire, les Issa, au détriment de la minorité afar.
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