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RDC : les violences contre les journalistes sont en hausse

Des militaires et des pompiers interviennent dans une maison endommagée par une frappe de drone à Goma, en République démocratique du Congo, le mercredi 11 mars 2026   -  
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République démocratique du Congo

Les journalistes sont confrontés à une recrudescence des violences et des pressions dans le contexte de l'escalade du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo, a déclaré jeudi Reporters sans frontières (RSF).

Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, s'est emparé de vastes portions de territoire dans l'est de la RDC depuis 2021. Cette région, riche en ressources naturelles, est ravagée par les conflits depuis 30 ans.

Le M23, connu pour museler les voix dissidentes, s'est emparé des grandes villes de Goma en janvier 2025 et de Bukavu en février 2025, mettant en place une administration parallèle dans ces zones

« Nous avons également l’impression, en ce qui concerne l’information relative à la RDC, que la guerre dans l’Est fait également de la RDC l’épicentre du danger pour les journalistes dans la région des Grands Lacs. », a expliqué Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.

« Environ 500 journalistes ont été arrêtés au cours des dix dernières années, dont 111 ont été détenus pendant plus de 48 heures. Donc, la plupart du temps, c'est bien plus que 48 heures. Quand je dis cela, cela peut durer des mois, voire des années. D'autres sont toujours détenus au Rwanda. Et parmi ces 500 cas, plus de la moitié ont eu lieu en RDC. », a déclaré Jeanne Lagarde, responsable du plaidoyer pour l'Afrique subsaharienne à RSF.

Deux journalistes ont été enfermés par le M23 dans des conteneurs transformés en prisons, où jusqu’à 80 détenus sont entassés, selon un rapport publié mardi par RSF.

Le M23 a également imposé une « formation idéologique » à au moins quatre journalistes, censuré des programmes sur les stations de radio locales et leur a imposé certaines émissions ou certains sujets de discussion.

Par ailleurs, le gouvernement a accusé les journalistes « d’appartenir au camp du M23 et à son allié, le Rwanda », indique le rapport.

« Une phrase que l'on entend souvent, c'est que les journalistes sont en fait pris entre l'enclume du M23 et le marteau des FARDC [Forces armées congolaises]. », a indiqué Jeanne Lagarde, responsable des actions de plaidoyer de RSF pour l'Afrique subsaharienne.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) de la RDC a contrôlé le discours sur la guerre et « prend régulièrement des décisions qui s'apparentent de plus en plus à de la censure », a déclaré RSF.

La prise de Goma a également « marqué une intensification de la désinformation » de la part des deux camps, a ajouté l'ONG.

Environ 90 journalistes des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu ont été contraints de fuir leur domicile entre 2023 et début 2025, selon l'Union nationale de la presse congolaise.

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