Madagascar
L’annonce lundi de la dissolution du cabinet en place depuis octobre dernier a été accueillie avec étonnement par le mouvement de jeunesse « Gen Z », moteur des manifestations ayant conduit au départ de l’ancien président Andry Rajoelina.
« C’est une surprise », confie Elliot Randriamandrato, porte-parole du collectif. « Nous n’appréciions pas pleinement le choix initial du Premier ministre, mais son gouvernement avait montré une ouverture qui nous permettait d’espérer une avancée sur nos revendications. Cette dissolution pourrait être une opportunité si elle favorise des personnalités capables de répondre à nos attentes. »
Herizo Andriamanantena, ancien porte-parole du collectif, estime que l’avenir du pays dépendra entièrement du nouveau gouvernement, qui pourrait représenter un véritable renouveau ou un verrouillage du système. Pour la population, épuisée par les manifestations, la dissolution du gouvernement est perçue comme un test décisif pour savoir si les promesses de réforme et de réponse aux attentes citoyennes seront tenues.
Les inquiétudes portent notamment sur la militarisation du pouvoir et l’absence de consultation du mouvement sur la feuille de route de la transition, adoptée à la fin février. « On voit poindre des signes qui nous font craindre un éloignement des demandes exprimées lors des protestations de l’an dernier », ajoute Randriamandrato, soulignant la vigilance du collectif face aux évolutions politiques.
Parallèlement, les analystes et partis politiques observent cette décision comme un indicateur de l’orientation future de la transition. La nomination prochaine d’un nouveau Premier ministre sera scrutée comme un baromètre de la capacité du régime à concilier stabilité et exigences populaires.
La communauté internationale suit également ces développements. Le colonel Randrianirina, multiplie les gestes diplomatiques, affirmant vouloir maintenir un équilibre entre les partenariats traditionnels, notamment avec la France, et de nouvelles alliances, comme celle récemment annoncée avec la Russie.
Au cœur de Madagascar, la jeunesse et les observateurs restent attentifs : si la dissolution ouvre une fenêtre de dialogue possible, elle souligne aussi la fragilité de la transition et la nécessité pour le pouvoir d’apporter des réponses claires aux attentes populaires.
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