Israël
En Israël, une loi approuvant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables du meurtre d’Israéliens adoptée lundi passe mal.
L’Association des droits civils en Israël a qualifié le texte de discriminatoire par nature” ajoutant que le Parlement l’avait promulguée ''sans autorité légale '' sur les Palestiniens de Cisjordanie, qui ne sont pas citoyens israéliens.
''À partir d’aujourd’hui, chaque terroriste saura, et le monde entier saura, que quiconque ôte la vie, l’État d’Israël lui ôtera la vie'', a déclaré Ben Gvir, ministre israélien de la sécurité nationale.
Si les autorités invoquent la lutte contre les actes terroristes dans le pays, beaucoup mettent en doute le caractère dissuasif de cette loi. Limitant de facto sans intérêt.
''Je pense que cela encouragerait les Palestiniens à causer davantage de dégâts. Je ne pense pas qu’Israël y trouverait son compte. Penser qu’une personne qui va mourir de toute façon aura peur qu’on la tue à la fin ne l’empêchera pas de faire du mal. En tant que Juif, en tant qu’Israélien, j’ai honte que nous ayons un tel ministre [Itamar Ben Gvir] en Israël. Et je pense que ce qu’il met sur le tapis, cette peine de mort, ne fera que nous nuire. Je pense qu’il a le droit, et que la droite en Israël a le droit d’avoir son opinion. J'ai le droit d'avoir mon opinion.'', a déclaré Dekel Sharour, journaliste israélien.
Au niveau international, des critiques fusent aussi. Les ministres des Affaires étrangères de l’Australie, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et de l’Italie ont publié dimanche une déclaration exhortant Israël à renoncer à son adoption. Avis partagé par des analystes.
''Personnellement, je suis opposé à la peine de mort en général, y compris pour les terroristes, quelles que soient les raisons pour lesquelles elle est appliquée. Le fait de décider, une fois qu’une personne a été capturée, et quels que soient les actes qu’elle ait pu commettre, qu’une autre personne doive la mettre à mort : je suis contre cela. C’est une question de principe.'', affirme Yves, consultant, Français résidant en Israël.
La loi, qui doit entrer en vigueur dans 30 jours, va certainement faire l’objet de recours juridiques susceptibles de retarder sa mise en œuvre.
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