Bénin
Du 3 au 8 février 2026, Cotonou a accueilli la 4ᵉ édition du Festival International du Film de Femmes (FIFF), un rendez-vous devenu incontournable pour le cinéma féminin africain. Dix-huit courts métrages, quatorze pays représentés, et trois prix Amazones pour célébrer la créativité et le talent des réalisatrices africaines.
À Cotonou, au Bénin, la cérémonie de clôture du FIFF s’est déroulée sur la Place de l’Amazone, symbole des guerrières légendaires du royaume de Dahomey. La soirée a débuté par une performance de jeunes percussionnistes, rappelant la force et le dynamisme des femmes africaines, qui donnent leur nom aux prix décernés lors du festival.
Depuis sa création en 2019, le FIFF réunit tous les deux ans plus de 1 000 festivaliers venus de tout le continent pour découvrir des films, échanger avec des professionnelles du cinéma et célébrer la créativité féminine. Dans un paysage où les festivals dédiés aux réalisatrices restent rares, le FIFF s’impose comme une tribune précieuse pour les voix féminines du continent.
L’Amazone du meilleur documentaire : Dorcas Ganmagba
L’Amazone du meilleur documentaire a été attribuée à la réalisatrice béninoise Dorcas Ganmagba pour Les Chaînes du Deuil, qui explore les pratiques et rituels de deuil imposés aux femmes dans certaines communautés du sud du Bénin.
Dorcas Ganmagba confie : "C'est très difficile de priver quelqu'un du droit de se laver, de sortir ou de se coiffer. On lui retire tous ses droits. La placer dans une telle situation est presque humiliant, alors qu'elle traverse déjà une tragédie."
Son documentaire dénonce des traditions qui, selon elle, exigent une attention urgente et une réflexion collective sur le respect des droits des femmes.
L’Amazone d’Interprétation : Hana Halia Lebo Traoré
Le prix de l’Amazone d’Interprétation a été attribué à MIA, fiction de la réalisatrice burkinabè Hana Halia Lebo Traoré. Le film suit une adolescente confrontée à un chantage numérique tout en restant fidèle aux valeurs familiales transmises par ses parents.
Hana Traoré explique : "Je raconte l’histoire d’une adolescente qui semble coupable mais ne l’est pas. Souvent, on prend des risques ou on agit impulsivement pour vivre pleinement, mais on conserve les principes transmis par nos parents. C’est cette dualité qui me parle dans Mia. Le reste du film agit comme un miroir que je tends à la société."
L’Amazone d’Or : Abbesi Akhamie
La distinction la plus prestigieuse, l’Amazone d’Or, a été remise à la Nigériane Abbesi Akhamie pour The Incredible Sensational Fiancée of Séyi Àjàyí, une comédie ironique centrée sur une femme humiliée par son fiancé et sa décision de reprendre le contrôle de sa vie.
La réalisatrice explique : "Un aspect très important de l’histoire est que le personnage principal est une femme. Elle est humiliée lorsque son fiancé se fiance avec une autre personne. En général, beaucoup de gens pleureraient et se sentiraient déprimés. Mais ce que j’apprécie dans ce personnage, c’est qu’elle se relève et décide : 'Non, je vais agir et prendre ma revanche.'"
La 4ᵉ édition du FIFF Cotonou a ainsi confirmé la place du Bénin dans la valorisation du cinéma féminin africain. En attendant la prochaine édition, prévue en 2028, le festival continue d’offrir aux réalisatrices une plateforme essentielle pour raconter leurs histoires et partager leurs perspectives sur les enjeux contemporains du continent.
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