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Éthiopie : à Mekele, la population redoute un retour du conflit au Tigré

Chandera Weldesenbet, 41 ans, ancien combattant blessé, avec son épouse et leur enfant à Quiha, dans le Tigré, le 14 février 2025.   -  
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AP Photo

Ethiopie

À Mekele, capitale de la région du Tigré, l’inquiétude grandit après la reprise d’affrontements entre les forces fédérales éthiopiennes et les forces tigréennes.

Ces violences ont entraîné la suspension des vols vers le nord du pays, une première depuis l’accord de paix signé fin 2022, ravivant le spectre d’un nouveau conflit dans une région encore marquée par la guerre.

Depuis plusieurs jours, des habitants font la queue devant les banques et les agences aériennes, craignant une nouvelle paralysie des services essentiels. Pour beaucoup, la situation rappelle les années de siège, lorsque les télécommunications, les services bancaires et les liaisons aériennes avaient été totalement interrompus.

« La peur aujourd’hui, c’est que la guerre recommence », confie Hiluf Berhe, enseignant universitaire à Mekele. Il redoute un retour à l’isolement total du Tigré, avec la fermeture des routes, l’impossibilité de transférer de l’argent et des restrictions de déplacement.

Les affrontements ont éclaté ces derniers jours dans l’ouest du Tigré, notamment dans la zone de Tsemlet, un territoire disputé où des forces amhara restent présentes malgré l’accord de paix signé à Pretoria en décembre 2022. Des sources sécuritaires et diplomatiques évoquent une détérioration de la situation, impliquant l’armée fédérale éthiopienne et des milices amhara. Les autorités fédérales, tout comme le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), n’ont pas encore officiellement réagi.

La suspension des vols, opérés par Ethiopian Airlines, est un signal particulièrement inquiétant pour les habitants. La compagnie nationale est la seule à desservir la région, et cette interruption rappelle la période de guerre entre 2020 et 2022, qui avait fait au moins 600 000 morts, selon l’Union africaine.

Pour les acteurs économiques locaux, la paix reste une condition indispensable à toute activité. « Sans la paix, il n’y a pas de vie sociale, pas de transport, rien ne fonctionne », explique Girmay Techane, commerçant à Mekele, appelant à éviter une nouvelle escalade.

Les civils, eux, redoutent avant tout de revivre les souffrances du passé. Askalu Hagos, mère au foyer, résume ce sentiment partagé par de nombreux habitants : « Nous avons déjà beaucoup souffert pendant la guerre. Nous avons peur que cela recommence. Nous voulons la paix. »

Alors que les tensions persistent dans le nord de l’Éthiopie, la population du Tigré espère que les autorités éviteront une nouvelle spirale de violences, dans une région encore fragile après l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire récente du pays.

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