Côte d'Ivoire
Si la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao c’est en partie grâce au travail de petits exploitants. Aujourd’hui le pays rencontre des difficultés pour vendre son cacao en raison d’un ralentissement des exportations. Une situation qui menace gravement les conditions de vie des producteurs de cacao qui luttaient déjà pour gagner leur vie, à l’instar de Boniface Djabia dans l’ouest du pays.
"Nous n'avons rien même, nous n'avons rien, nous avons rien à l'heure là nous n'avons rien. Nous sommes toujours pauvres, on est pauvre. Nous sommes des producteurs, on dit nous sommes, on dit l'agriculture se repose sur les paysans mais en vérité nous sommes pauvres, on n'a rien ici.", a expliqué Boniface Djabia, agriculteur.
Le ralentissement des exportations est notamment dû aux problèmes de liquidité des acheteurs et à une baisse des prix mondiaux. Dans son dernier rapport sur le secteur en 2019, la Banque mondiale estimait que plus de la moitié (54,9 %) des producteurs de cacao vivaient avec moins de 757 francs CFA (1,36 dollar) par jour.
"Quand j'ai commencé à planter, je crois que je voulais avoir des bénéfices. Mais aujourd'hui s'il n'y a pas de bénéfices est-ce que ça peut t'encourager encore de travailler dur encore?", a déclaré Laurent Koné, agriculteur.
Le gouvernement ivoirien insiste sur le fait que les conditions de vie des cultivateurs sont une priorité et, suite à une hausse des prix mondiaux, a augmenté le montant versé aux producteurs pour atteindre un niveau record de 2 800 francs CFA par kilogramme. Mais, avec la récente baisse des exportations, la hausse du prix payé aux producteurs n'a pas eu l'effet escompté. Certains producteurs affirment ne pas avoir été payés depuis des mois.
"Aujourd'hui les paysans plus ou moins s'endettent auprès des coopératives, auprès de, de, de vendeurs de produits phytosanitaires pour essayer d'améliorer leurs productions. Donc aussi, pendant les périodes de soudure aussi, puisqu'il y a pas de production de cacao dans les périodes de soudure du coup ces paysans-là ont tendance à s'endetter auprès de coopératives. Du coup lorsque la production, à l'époque de la production, ces paysans-là donc se retrouvent un peu endettés auprès de ces coopératives-là...", a analysé Oscar Toukpo, sociologue.
D’après le sociologue cette situation est également liée à la baisse des rendements due à l'épuisement des sols et à l'augmentation du coût de la vie. Le maintien du volume de production dépend toujours de l'expansion des plantations. Mais cette stratégie est limitée, car la Côte d'Ivoire a déjà perdu 90 % de son couvert forestier en 60 ans.
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