Haïti
À Port-au-Prince, des centaines de fidèles vêtus de violet ont célébré samedi le jour des morts, un moment clé du vodou, religion officielle largement pratiquée en Haïti par plus de 11 millions de personnes.
Le festival honore Gede, l’esprit chargé de guider les défunts vers l’au-delà. Les participants s’immergent dans des rituels anciens : certains boivent du rhum de contrebande, d’autres se frottent avec des piments, une tradition censée attirer la faveur des esprits. Les faveurs accordées par Gede et non respectées seront, selon les croyances, vengées.
Près des tombes, les fidèles déposent des offrandes dans des bols en bois : bananes plantains, poisson, pain, avocats, ou tout ce que leurs défunts auraient pu apprécier. Du café noir est également versé sur le sol en hommage aux esprits.
Le vodou est né au XVIe siècle, lorsque des esclaves africains forcés de pratiquer le catholicisme ont fusionné les saints chrétiens avec les esprits africains. Cette tradition reste aujourd’hui un élément central de l’identité culturelle haïtienne.
La célébration survient dans un contexte de crise grave : près de 90 % de Port-au-Prince est sous le contrôle de gangs armés, entraînant des milliers de morts et plus d’un million de déplacés. Dans ce contexte de violence et de pauvreté, le festival apparaît comme un moment de mémoire, de foi et de cohésion sociale.
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