France
L'Afrique devrait se concentrer sur la réforme de la Cour pénale internationale (CPI) plutôt que de s'en éloigner, a déclaré Donald Deya, PDG de l'Union panafricaine des avocats, lors de l'édition d'octobre du Débat sur Africanews.
Réagissant aux récentes décisions du Mali, du Niger et du Burkina Faso de se retirer de la CPI, M. Deya a déclaré que si les frustrations de l'Afrique à l'égard de la Cour sont compréhensibles, un retrait ne ferait qu'affaiblir la justice pour les victimes.
"La CPI elle-même n'a pas à intervenir", a expliqué M. Deya. "De nombreux acteurs, y compris la CPI, ont l'obligation de renforcer les systèmes nationaux et de les inciter à fournir justice et protection à leur population. Mais lorsqu'ils n'y parviennent pas, la CPI doit être en mesure d'intervenir vigoureusement, soit lorsqu'un État se saisit lui-même de l'affaire, soit lorsque le procureur agit proprio motu, de sa propre initiative".
Il a ajouté que, bien que la Cour se soit concentrée "trop fortement sur l'Afrique" au cours de ses premières années d'existence, la solution réside dans la réforme et non dans le rejet. "Le Statut de Rome est solide", a-t-il déclaré. "L'Afrique doit simplement user de son influence pour rendre le système plus équitable.
M. Deya a également mis en garde contre le fait que les retraits pourraient créer un "fossé de l'impunité", laissant les victimes de crimes de guerre et d'abus d'État sans recours légal. Il a appelé à la mise en place de mécanismes judiciaires plus solides, dirigés par l'Afrique, en complément de la CPI, tels que l'élargissement du mandat de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples à la poursuite des crimes de guerre.
Cette discussion intervient alors que la CPI fait l'objet d'un regain d'attention depuis la condamnation du chef de milice du Darfour, Ali Muhammad Ali Abdul Rahman, également connu sous le nom d'Ali Kushayb, ce qui rappelle, selon M. Deya, que la Cour "joue toujours un rôle essentiel pour mettre fin à l'impunité sur le continent".
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