Tunisie
Alors que les procureurs tunisiens ont bloqué la libération de l'opposante Chaïma Issa, le FSN, principale coalition d'opposition s'interroge sur l'indépendance du pouvoir judiciaire.
Chaïma Issa, avait été arrêtée en février avec une vingtaine d'autres opposants dans le cadre d'une enquête pour "complot contre la sûreté de l'Etat".
"Ils (le Parquet) ont interjeté appel, pourquoi? Je ne peux pas l’expliquer, mais ce n’est que politique aussi. Ce n’est pas le procureur qui de son propre chef a décidé d’interjeter appel. Au contraire, il est là aux ordres. Et donc, il faut aller chercher pourquoi il y a eu cet ordre et ce contrordre. En fait, c’est un signe de l’instabilité en Tunisie", explique Ahmed Néjib Chebbi, président du FSN, le Front de salut national.
Le président Kais Saied a qualifié les personnes arrêtées de "terroristes". Elu à une large majorité en 2019, ce dernier s'est emparé de tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021.
"Je pense qu’il y a un seul centre de décision politique. C’est celui du chef de l’Etat. Tous ceux qui l’entourent sont des exécutants. Et les instances judiciaires sont mises au pas et appliquent des directives. Donc, personnellement, je pense que la décision de libérer Chaïma Issa ne peut pas être une décision autonome du juge d’instruction. Il a dû recevoir des instructions pour la libérer", poursuit Ahmed Néjib Chebbi.
Plusieurs ONG locales et internationales ont dénoncé ces arrestations. Dans un communiqué, l'ONU a fait part de sa "profonde inquiétude" face aux atteintes aux libertés" en Tunisie.
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