Guinée
En Guinée, le verdict est tombé : le général Mamady Doumbouya, chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2021, a remporté l’élection présidentielle avec plus de 86 % des voix, selon des résultats partiels.
Une victoire écrasante, mais qui laisse un goût amer à ceux qui dénoncent un scrutin truqué et une opposition muselée. À Conakry, certains célèbrent cette victoire, perçue comme une légitimation du pouvoir de Doumbouya. Mais derrière ces chiffres 80,95 % de participation selon les autorités se cache une réalité plus complexe. Le principal rival du général, Yéro Baldé, un ancien ministre de l’éducation, n’a obtenu que 6,51 % des voix. Un score qui reflète l’absence des figures historiques de l’opposition, exclues ou exilées.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2021, Mamady Doumbouya a méthodiquement neutralisé ses adversaires. Plus de 50 partis politiques dissous, des candidats de l’opposition interdits de scrutin pour des raisons techniques, et des leaders contraints à l’exil. Résultat : parmi les neuf candidats en lice, aucun ne représentait une réelle menace pour le général.
Cette élection devait marquer la fin de la transition entamée il y a quatre ans. Mais pour ses détracteurs, elle n’est qu’un paravent démocratique pour légitimer un pouvoir autoritaire. La communauté internationale, elle, reste prudente. Entre la CEDEAO, qui avait suspendu la Guinée après le coup d’État, et les observateurs locaux, les critiques fusent sur le manque de transparence du processus.
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