Ethiopie
Le gouvernement veut "détruire le Tigré et effacer les Tigréens de la surface de la Terre". Le chef de l'Eglise orthodoxe éthiopienne a lancé samedi de rares et fortes accusations contre les autorités de son pays, qui mènent une opération militaire dans cette région.
Sa communauté est la plus grande communauté religieuse d'Éthiopie, représentant plus de 40% des 110 millions d'habitants.
''Le message du patriarche apporte l'espoir et l'unité aux chercheurs de vérité. Cependant, son message a été ignoré pendant six mois et on lui a interdit de s'adresser au monde. Il est bon pour le monde d'entendre enfin son message qui apporte un sentiment d'unité au peuple.'', explique le Père Selassie Merkse, prêtre de l'église Sainte-Marie à Mekele.
Si les orthodoxes soutiennent la thèse de leur patriarche, de nombreux éthiopiens pensent au contraire que le chef des orthodoxes est resté silencieux sur des crimes qui ont fait plusieurs victimes dans le pays. Une partialité qui fâche.
"Je ne pense pas que le patriarche ait raison de dire cela, car il est très difficile de dire que quelque chose de différent s'est produit dans une région. De nombreux affrontements ethniques ont eu lieu dans différentes parties du pays, des personnes ont été déplacées, tuées et massacrées et à ce moment-là, le patriarche n'a rien dit. Je ne pense pas qu'il ait eu raison d'accuser le gouvernement d'un génocide dans la région du Tigré'', _Mesfin Tadesse, résidant à Addis Abeba.
Il s'agit d'une des rares critiques publiques formulées par une personnalité éthiopienne de premier plan sur le conflit, qui oppose depuis novembre 2020 l'armée fédérale aux forces fidèles au parti au pouvoir autrefois dominant du Tigré, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Le gouvernement éthiopien rejette de son côté la responsabilité des pertes civiles sur les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré. Depuis six mois, la région est au cœur d’un conflit qui oppose des forces soutenues par ses anciens dirigeants aux troupes gouvernementales.
Une guerre qui plonge dans la région dans une impasse. Les négociations entre les deux parties ne sont pas à l’ordre du jour. Les deux camps semblent avoir privilégié la loi des armes à l’issue incertaine. Faisant ainsi payer un lourd tribut aux populations civiles qui vivent un véritable calvaire du fait de ces violences.
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