Cameroun
Le Cameroun pourrait-il enfin espérer une résolution du violent conflit qui secoue ses régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017 ? Depuis sa cellule, le leader des militants anglophones a défini ses conditions pour participer à un dialogue avec le gouvernement dont les contradictions avec celles de Yaoundé risque de plomber tout espoir de parvenir à une solution politique.
Sisiku Ayuk Tabe, président de la République autoproclamée de l’Ambazonie sort de son silence. Cette fois pour communiquer à l’opinion les conditions sous lesquelles il pourrait participer à un dialogue avec le gouvernement camerounais. De prime abord, le leader séparatiste estime que les négociations devraient inclure l’indépendance des régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, nerf de la guerre avec Yaoundé. Il réclame en outre la libération de tous les prisonniers détenus dans le cadre du conflit, ainsi qu’un cessez-le-feu complet.
Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d’un Etat indépendant dans les deux régions anglophones. Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, des combats opposent presque quotidiennement l’armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés, qui attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les kidnappings.
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Si les antagonistes convergent vers une solution politique symbolisée par le dialogue, il y a bien des points d’achoppement sur lesquels ils n’entendent pas transiger. Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, reste notamment intransigeant sur la sécession, lui préférant le fédéralisme. En visite à Bamenda (Nord-Ouest) début mai, son Premier ministre Joseph Dion Ngute l’a d’ailleurs réitéré. « Hormis la séparation et la sécession, toute autre chose peut-être discutée », avait restitué le chef de gouvernement.
Aussi, les séparatistes voudraient-ils une médiation internationale, notamment celle de l’ONU, dans le cadre d’un dialogue hors du Cameroun. Pour la partie gouvernementale, il n’en est pas question. La crise camerounaise doit se traiter au Cameroun et par les Camerounais.
Début mai, dans le cadre de la visite du Premier ministre à Bamenda, le SDF, principal parti d’opposition avait lui-aussi posé ses conditions, qui sont en réalité une jonction des exigences des séparatistes et du gouvernement, à quelques exceptions près. Le parti de Ni John Fru Ndi avait du reste réclamé un « cessez-le-feu immédiat », la « libération des prisonniers », la « désignation d’un médiateur », un « dialogue inclusif », mais avait exclu la sécession, militant plutôt pour le fédéralisme.
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