République démocratique du Congo
La République démocratique du Congo lance un appel à la Belgique, l’ancien colon pour le retour des œuvres d’art pillées durant la période de l’esclavage et de la colonisation.
Dans une pétition relayée par la presse belge, plusieurs associations, universités et membres de la société civile congolaise réclament la restitution de trésors congolais entreposés dans des musées belges, dont celui de Tervuren.
Ce dernier, considéré comme le dernier grand musée colonial d’Europe, contient pas moins de 120 000 objets congolais dont le Bâton d’Ishango, mémoire mathématique du Congo d’il y a environ 9 000 ans. Il y a aussi l’Université libre de Bruxelles, où sont gardés les crânes des Congolais tués par décapitation ou torture pour avoir refusé la colonisation.
Autant de biens que voudraient récupérer les signataires de la pétition. Même si, pour l’heure, ils n’ont pas le soutien des autorités congolaises qui n’ont adressé aucune demande formelle à leurs homologues belges.
« Les Africains du continent qui désirent montrer leur patrimoine à leurs enfants ne le peuvent pas. Tout ou presque a été dérobé. On ne saurait fonder le dialogue interculturel sur des pillages précédés par des meurtres coloniaux : les biens volés doivent être restitués », écrivent-ils.
“Paternalisme aux relents coloniaux”
En s’invitant dans le débat sur la restitution des œuvres, les pétitionnaires espèrent profiter du vent favorable lié à l‘émulation autour du sujet. Le Bénin, l’Ethiopie ou encore le Nigeria sont déjà engagés pour entrer en possession de leurs trésors culturels, suscitant des promesses de la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne qui ont entamé les réflexions sur les conditions d’un retour de ces œuvres.
Un problème se dresse cependant en contrechamp : les puissances occidentales envisagent davantage les prêts à long terme à des musées africains ou encore la cogestion de collections, plutôt que des restitutions définitives. Elles opposent comme argument les difficultés pour les Africains à conserver dans des conditions idoines, ces objets. Une thèse qui évoque chez les pétitionnaires un « paternalisme aux relents coloniaux », ont-ils dénoncé.
Le comité de travail initié par Paris et qui regroupe plusieurs personnalités africaines, des directeurs de musée ainsi que l’Unesco devrait permettre de mieux définir les conditions satisfaisantes pour tous.
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