Congo
Le Congo-Brazzaville commence lundi à juger les opposants au président Denis Sassou Nguesso poursuivis depuis sa réélection en 2016 avec le procès de l’ex-candidat Jean-Marie Michel Mokoko, “un règlement de compte politique” pour ses avocats.
Aux arrêts depuis le 16 juin 2016, le général ex-chef d’Etat-major Mokoko, conseiller du président Denis Sassou Nguesso jusqu‘à début 2016, doit comparaître pour “atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et détention d’armes de guerre”.
En mars 2016, l’officier avait terminé troisième de l‘élection présidentielle (moins de 14 % des voix) marquée par la réélection contestée dès le premier tour du président Sassou Nguesso, près de 35 ans de pouvoir au total.
Après ce vote, le général Mokoko et d’autres candidats avaient appelé à la “désobéissance civile”. “S’il avait voulu faire un coup d’Etat, il l’aurait fait depuis longtemps. Jamais le général Jean-Marie Michel Mokoko n’a dit : + Prenez les armes +”, a plaidé jeudi sur RFI l’un de ses avocats, Norbert Tricaud.
Ses avocats congolais et français ont dénoncé vendredi dans un communiqué un “règlement de compte politique maquillé en procédure judiciaire”, et ont ajouté : “Ses conseils du barreau de Brazzaville ne prendront pas la parole à l’audience et ceux du barreau de Paris ne s’y rendront pas”.
Ses avocats ont aussi annoncé mercredi avoir déposé une requête devant le groupe de l’ONU sur la détention arbitraire.
Un autre candidat qui n’a pas reconnu la victoire de M. Sassou Nguesso en 2016, André Okombi Salissa, est aux arrêts depuis janvier 2017.
Interpellé en janvier 2018, un autre officier proche du pouvoir, le général Norbert Dabira, doit être jugé le 15 mai pour “atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat”.
Peuplé de cinq millions d’habitants, le Congo-Brazzaville traverse comme les autres petits Etats producteurs de pétrole une crise due à la chute des prix qui a plombé sa dette.
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a annoncé fin avril la conclusion “positive” d’un accord avec les autorités du Congo-Brazzaville sur un programme pour relancer l‘économie du pays, mais qui sera soumis à des “exigences de gouvernance” pour rompre avec “les pratiques du passé”.
AFP
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