Royaume-Uni
La productrice nigériane Mo Abudu a ouvert EbonyLife Place London, un espace réunissant cinéma, gastronomie, art et mode, consacré aux créations africaines et afrodescendantes. Situé à proximité du Parlement britannique, ce lieu inédit au Royaume-Uni et en Europe ambitionne de donner une visibilité accrue aux récits africains et de les inscrire durablement dans le paysage culturel international.
À quelques pas de Big Ben et du Parlement britannique, une façade de béton abrite désormais EbonyLife Place London, un nouveau centre culturel porté par la productrice nigériane Mo Abudu. Ouvert au public ce week-end, le lieu entend promouvoir le cinéma africain ainsi que les œuvres et les artistes noirs du monde entier.
À 62 ans, la fondatrice d’EbonyLife, société de production majeure de Nollywood, l’industrie cinématographique nigériane, concrétise un projet qu’elle qualifie de « rêve un peu fou ». Née à Londres, elle souhaite rendre les créations africaines plus accessibles au public britannique, sans que celui-ci ait à se déplacer sur le continent pour les découvrir.
« Raconter nous-mêmes nos histoires » constitue le fil conducteur de son initiative, explique-t-elle. Classée par Forbes parmi les 100 femmes les plus influentes au monde en 2025, la productrice défend la nécessité, pour les créateurs africains, de concevoir leurs propres espaces de diffusion plutôt que d’attendre que les institutions existantes leur accordent une place.
Un espace consacré aux cultures africaines et afrodescendantes
Réparti sur deux étages, EbonyLife Place London réunit un bar, un salon baptisé Fẹhinti — qui signifie « se reposer » en yorouba —, un restaurant et une boutique mettant à l’honneur des créateurs d’Afrique et de sa diaspora. Des œuvres d’artistes du continent décorent également les lieux.
Le cœur du projet est toutefois son cinéma, baptisé Amani, un terme swahili évoquant la paix et l’harmonie. Sa programmation, encore en cours d’élaboration, doit couvrir les différentes régions du continent, des classiques du cinéma africain aux productions contemporaines, ainsi que des films internationaux mettant en avant les acteurs et les récits noirs.
Les œuvres des cinéastes sénégalais Ousmane Sembène et algérien Mohammed Lakhdar-Hamina devraient notamment y trouver leur place. Le centre présentera également des productions du groupe EbonyLife et accueillera, durant sa semaine d’ouverture, des réalisateurs nigérians tels que Nwani Orire et Ifeyinwa Arinze.
Le projet, financé presque entièrement par le groupe audiovisuel de Mo Abudu, s’inscrit dans le prolongement d’un complexe culturel et de loisirs haut de gamme inauguré à Lagos en 2019.
Faire du cinéma africain une présence durable
L’accès au centre reposera sur un système d’adhésion dont les modalités restent à préciser.
Au-delà de Londres, la productrice souhaite contribuer à faire du cinéma africain et des cultures noires une composante ordinaire de l’offre culturelle internationale. Elle espère que, dans dix ans, l’ouverture d’une salle consacrée à ces œuvres ne constituera plus un événement exceptionnel.
Interrogée sur la possibilité de reproduire cette initiative dans d’autres capitales européennes, elle a évoqué Paris, où elle aimerait développer un projet similaire, éventuellement dans le cadre d’un partenariat.
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