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RDC : des heurts lors d’une mobilisation contre la réforme constitutionnelle

Manifestation organisée par les partis d'opposition contre les modifications constitutionnelles proposées par le président Félix Tshisekedi, à Kinshasa, au Congo, 15/09/26   -  
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AP Photo

République démocratique du Congo

Des heurts ont éclaté mardi à Kinshasa lors d’une journée de mobilisation nationale organisée par la coalition d’opposition C64 contre le projet de modification de la Constitution.

Le rassemblement, autorisé par les autorités locales, avait réuni dans la matinée plusieurs centaines de militants des principaux partis d’opposition, sous les couleurs de leurs formations respectives.

Après le départ du cortège, des affrontements ont rapidement opposé des manifestants à des militants favorables au pouvoir. La police anti-émeute, massivement déployée le long du parcours et aux principaux carrefours de la capitale, est intervenue en faisant usage de gaz lacrymogène. Les manifestants ont reflué dans le désordre. Au moins deux personnes ont été blessées, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.

La coalition C64, constituée depuis mai par les principaux partis d’opposition, entend faire obstacle à la réforme constitutionnelle défendue par la majorité. Ses dirigeants estiment que cette initiative pourrait permettre au président Félix Tshisekedi, élu en 2019 puis réélu en 2023, de briguer un troisième mandat. Le chef de l’État et son camp défendent, eux, le principe d’une réforme de la Loi fondamentale, tandis que l’opposition dénonce une tentative de maintien au pouvoir.

À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, la manifestation de l’opposition avait été interdite par les autorités locales. Des militants se sont néanmoins rassemblés dans le centre-ville avant d’être dispersés par des tirs de sommation et des grenades lacrymogènes. Plusieurs interpellations ont été rapportées par un journaliste de l’AFP. Mohamed Eyenga, responsable provincial d’Envol et membre de la C64, a dénoncé un dispositif « impressionnant » de l’armée et de la police et affirmé que des militants avaient été arrêtés arbitrairement. Le général Blaise Kilimbalimba, commandant provincial de la police, a contesté cette version, assurant qu’aucun manifestant « pacifique » n’avait été interpellé et que la situation était redevenue calme.

À Mbandaka, dans la province de l’Équateur, le rassemblement avait également été interdit. Une centaine de militants ont été dispersés sous la pression des forces de l’ordre, qui avaient déployé leurs armes. Une dizaine de personnes ont été interpellées, selon un journaliste de l’AFP.

L’opposition accuse par ailleurs les militants du pouvoir, notamment ceux de la Force du progrès, d’avoir participé aux violences à Kinshasa. Le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, a affirmé que des gens armés de machettes, de bâtons et de barres de fer avaient affronté les manifestants, tout en accusant la police de les avoir protégés. Ces accusations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.

La mobilisation de mardi marque ainsi une nouvelle étape dans la confrontation politique autour de la réforme constitutionnelle. Alors que l’opposition entend maintenir la pression dans les grandes villes, les autorités sont confrontées au double impératif de préserver l’ordre public et de prévenir une escalade des violences dans un contexte politique déjà fortement tendu.