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Intelligence artificielle : les Égyptiens veulent garder l’humain au cœur de la technologie

Senator Ahmed Abou Hashima (Photo: AETOSWire)   -  
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Egypte

L'intelligence artificielle continue de susciter autant d'espoirs que d'inquiétudes à travers le monde. Alors que les grandes entreprises technologiques accélèrent le développement de cette technologie, le débat s'intensifie sur ses conséquences pour l'emploi, l'éducation et la société. Au Caire, les avis recueillis par l'AFP témoignent d'une confiance prudente : l'IA est perçue comme un outil puissant, mais qui ne pourra jamais remplacer totalement l'humain.

Pour Marian Nassif, développeuse web, l'intelligence artificielle doit avant tout être considérée comme une assistance.

« L'IA ne remplacera certainement pas les êtres humains. Il faudra toujours une intervention humaine pour vérifier et valider les résultats qu'elle produit », explique-t-elle. Selon elle, cette technologie peut simplifier les tâches du quotidien et améliorer la productivité, sans pour autant se substituer aux compétences humaines.

Même prudence chez Sherif Fakher, professeur d'ingénierie pétrolière. Il ne considère pas l'intelligence artificielle comme une menace, mais estime qu'elle oblige chacun à évoluer.

« L'IA fait évoluer les mentalités. Les étudiants, les enseignants et les professionnels doivent apprendre à travailler avec ces outils, sans en devenir totalement dépendants », affirme-t-il.

Au-delà de son utilisation, la question de la gouvernance de l'intelligence artificielle revient régulièrement dans les discussions. Pour Rania Aboulwafa, ingénieure de diffusion, les modèles d'IA, capables d'apprendre de manière autonome, nécessitent un encadrement adapté.

Elle estime qu'aucune règle universelle ne peut répondre à tous les défis de cette technologie. Chaque pays et chaque secteur d'activité devraient, selon elle, élaborer leurs propres normes afin de concilier innovation, sécurité et responsabilité.

Ces témoignages interviennent alors que le débat sur l'IA divise également les principaux acteurs du secteur technologique. Aux États-Unis, certains chercheurs et dirigeants de l'industrie, comme Geoffrey Hinton, Yoshua Bengio ou Dario Amodei, plaident pour un ralentissement du développement des systèmes les plus avancés afin d'en évaluer les risques potentiels.

À l'inverse, d'autres figures influentes de la Silicon Valley défendent une accélération de l'innovation, estimant qu'une réglementation trop stricte pourrait freiner les progrès technologiques et pénaliser les entreprises.

Entre ces deux visions, plusieurs grands groupes comme OpenAI, Google, Microsoft ou Amazon tentent d'adopter une position plus équilibrée : poursuivre le développement de l'intelligence artificielle tout en renforçant les mécanismes de sécurité et de gouvernance.

Au Caire comme ailleurs, une conviction semble toutefois faire consensus : l'intelligence artificielle transformera profondément le monde du travail et de la connaissance. Mais pour de nombreux citoyens, son avenir dépendra moins de ses performances techniques que de la manière dont les sociétés choisiront de l'encadrer.

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