À San Francisco, des manifestants réclament une pause dans la course à l’IA
« Stop the AI race », « Arrêtons la course à l’IA ». À San Francisco, des dizaines de manifestants ont repris ce slogan le 17 septembre pour dénoncer la course au développement de systèmes d’intelligence artificielle toujours plus puissants. Parti du siège d’OpenAI, à Mission Bay, le cortège s’est dirigé vers les bureaux d’Anthropic, situés à quelques pas du Moscone Center, où se tient actuellement Dreamforce, l’un des grands rendez-vous mondiaux de la technologie. Le cortège a ensuite rejoint l’hôtel de ville, où les manifestants ont demandé aux autorités locales de déclarer un état d’urgence lié à l’IA. Ils réclament surtout une pause dans le développement des systèmes d’IA avancés, le temps d’instaurer des garde-fous et des règles internationales. Leur autre revendication centrale est la création d’un traité mondial capable de limiter les capacités de ces technologies et d’imposer des normes de sécurité strictes. Dans les rues, les pancartes ont dénoncé une IA incontrôlée et certains manifestants ont écrit « Extinction is on the table » (« L'extinction est une possibilité ») à la craie sur le bitume. Ils ont également appelé les salariés d’OpenAI et d’Anthropic à quitter leur emploi et à soutenir l’instauration de limites internationales. Selon Michaël Trazzi, organisateur de Stop the AI Race, plusieurs personnalités de l’industrie ont déjà appelé Washington à réguler le secteur, sans succès. Hunter Glenn, un autre organisateur, a de son côté déclaré craindre que l’IA ne finisse par menacer la survie de l’humanité, souhaitant que la sécurité de l’IA dépasse les clivages politiques américains. Cette mobilisation intervient après qu’OpenAI a signalé six comportements « imprévus ou préoccupants » de ses modèles, ravivant les inquiétudes sur la sécurité de ces systèmes. Les manifestants ont aussi pointé leur forte consommation énergétique et leurs conséquences potentielles sur le climat. Une mobilisation qui contraste avec l’ambiance de Dreamforce, où près de 43 000 participants assistaient aux interventions de Sam Altman, Dario Amodei et Jensen Huang. Un véhicule autonome de Waymo croisé sur le trajet rappelait d’ailleurs que cette technologie est déjà bien ancrée dans la vie quotidienne.