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UA : sécurité et souveraineté au cœur des échanges en Égypte

Évariste Ndayishimiye, président du Burundi, lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le 23 septembre 2026.   -  
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Abdel Fattah al-Sissi

À New Alamein, en Égypte, les dirigeants africains réunis pour la 8e réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine ont appelé à accélérer l’intégration du continent et à passer des ambitions aux projets concrets. Le président burundais Évariste Ndayishimiye a notamment alerté sur l’impact des conflits sur le développement, tandis que son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a insisté sur le respect de la souveraineté et le bon voisinage.

Les dirigeants africains se sont réunis dimanche à New Alamein, sur la côte méditerranéenne égyptienne, à l’occasion de la 8e réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine (UA). La rencontre rassemble les dirigeants de l’UA, les responsables des Communautés économiques régionales (CER) et des mécanismes régionaux, afin de renforcer la coordination et de faire avancer l’agenda d’intégration du continent.

Organisée sous l’égide du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, la réunion porte notamment sur la mise en œuvre de l’Agenda 2063, le renforcement de l’intégration économique africaine et l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les discussions s’inscrivent également dans le cadre du thème de l’UA pour 2026, consacré à l’accès durable à l’eau et aux systèmes d’assainissement sûrs.

Ndayishimiye : "L’Afrique doit produire en Afrique"

Président en exercice de l’Union africaine, le Burundais Évariste Ndayishimiye a insisté sur la nécessité pour le continent de renforcer ses capacités de production et de transformation.

Selon lui, la création d’un vaste marché africain ne suffira pas à elle seule à stimuler le développement. L’Afrique doit également être capable de produire, de transformer ses matières premières et d’en tirer davantage de valeur sur son propre territoire.

Le président burundais a également appelé à accélérer les investissements dans les infrastructures, notamment les routes, les chemins de fer, les réseaux énergétiques, les ports et les infrastructures numériques. Des connexions indispensables, selon lui, pour faciliter la circulation des personnes, des marchandises et des services à travers le continent.

Mais le chef de l’UA a surtout mis en garde contre les conséquences de l’insécurité sur les ambitions de développement africaines.

"Dans l’insécurité, aucun agriculteur ne va plus au champ. Aucun enfant ne va plus à l’école. Aucune institution ne planifie le développement de son pays."

Évariste Ndayishimiye a notamment évoqué les situations en République démocratique du Congo et au Soudan, dénonçant des crises humanitaires particulièrement graves. Il a appelé à renforcer les mécanismes africains de prévention des conflits et à passer de l’alerte précoce à une véritable action précoce.

L’Afrique veut renforcer son autonomie financière

Autre enjeu majeur de la réunion : le financement du développement.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a estimé que le continent devait renforcer son architecture financière et mobiliser davantage de ressources africaines pour financer ses propres priorités.

L’objectif est notamment de réduire les obstacles au financement des infrastructures et de renforcer la souveraineté économique du continent. Les dirigeants africains souhaitent également clarifier la répartition des responsabilités entre l’UA, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, afin d’éviter les doublons et de concentrer les efforts sur des résultats concrets.

Sissi insiste sur la souveraineté et le bon voisinage

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, dont pays est l'hôte de la réunion, a de son côté insisté sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États africains.

Il a appelé au règlement des différends par le dialogue, la consultation, la coopération et le respect du droit international, notamment lorsqu’ils concernent les frontières ou les ressources naturelles partagées.

Le chef de l’État égyptien a également insisté sur la gestion concertée des ressources en eau transfrontalières. Selon lui, celle-ci doit respecter les règles du droit international, le principe de bon voisinage et l’obligation de ne pas porter préjudice aux autres États.

Cette position intervient alors que l’Égypte et l’Éthiopie sont engagées depuis plusieurs années dans un différend autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne et de la gestion des eaux du Nil.

Évariste Ndayishimiye a lui aussi placé la question de l’eau au cœur des priorités africaines. Il a rappelé son importance pour la santé, l’agriculture, l’énergie et l’industrie.

Pour le président de l’UA, les ressources hydriques partagées doivent être gérées dans un esprit de solidarité et de coopération, au service du développement durable et des populations africaines.

Au-delà de la question de l’eau, les différents intervenants ont souligné le lien étroit entre paix, sécurité, intégration économique et développement. Pour l’Union africaine, l’instabilité et les conflits compromettent directement les efforts d’intégration du continent.

Passer des ambitions aux projets

À New Alamein, les dirigeants africains ont ainsi affiché une même volonté : transformer les engagements politiques en réalisations concrètes.

Pour Mahmoud Ali Youssouf, la deuxième décennie de l’Agenda 2063 doit s’accompagner d’un nouvel élan politique, d’une meilleure coordination entre les institutions africaines et de moyens financiers suffisants.

Abdel Fattah Al-Sissi a, lui aussi, appelé à dépasser la simple coordination des politiques africaines pour parvenir à des projets communs ayant un impact concret sur les populations.

Un objectif illustré, selon le président égyptien, par la transformation de New Alamein, ancien site marqué par les combats et les mines de la Seconde Guerre mondiale, en un pôle moderne d’investissement et de développement.