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Kenya : une amnistie temporaire pour les Burundais en situation irrégulière

Un policier kenyan gère une foule de ressortissants burundais devant l'ambassade du Burundi, à Nairobi, au Kenya, le 8 septembre 2026.   -  
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Kenya

Le Kenya a accordé une amnistie temporaire aux ressortissants d’Afrique de l’Est en situation irrégulière, après l’afflux de centaines de Burundais devant l’ambassade de leur pays à Nairobi, selon les informations de Reuters.

Ces derniers cherchaient à obtenir des documents de voyage pour rentrer au Burundi, dans un contexte de tensions croissantes autour de la présence de commerçants étrangers. La semaine dernière, le gouvernement du président William Ruto a ordonné la fermeture, à partir de lundi, des petits commerces exploités par des étrangers sans permis de travail.

Cette décision a provoqué la confusion devant l’ambassade du Burundi à Nairobi. Plusieurs ressortissants burundais ont affirmé avoir subi des menaces ou des actes de harcèlement de la part de leurs voisins après les déclarations du président kényan.

Le Kenya attire depuis longtemps des migrants venus des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dont les citoyens bénéficient en principe de la liberté de circulation. Selon les Nations unies, environ 16 000 Burundais vivent au Kenya, dont beaucoup exercent de petites activités commerciales dans les rues.

Le gouvernement veut éviter les violences

Lundi, des centaines de Burundais se sont néanmoins rassemblés devant leur ambassade pour tenter d’obtenir les documents nécessaires à leur retour. Face aux informations faisant état de violences et de discriminations, le gouvernement kényan a appelé les ressortissants est-africains sans papiers, notamment les Burundais, à se faire enregistrer auprès de leurs ambassades.

Les autorités ont assuré que, pendant cette période d’enregistrement, les personnes concernées seraient considérées comme légalement présentes au Kenya. Selon le gouvernement, cette mesure doit permettre aux migrants de "sortir de l’ombre" et d’accéder sans crainte aux services de santé, au système bancaire et aux protections juridiques.

Les forces de sécurité et les autorités locales ont également reçu pour instruction de ne pas soumettre les étrangers à des contrôles arbitraires ou à des discriminations.

Nairobi met en garde contre la xénophobie

Le gouvernement kényan a par ailleurs averti que toute personne cherchant à exploiter les nouvelles directives pour alimenter des sentiments xénophobes ou s’en prendre aux ressortissants des pays voisins serait poursuivie.

Après les signalements de violences, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade du Burundi. Il a présenté ses excuses aux ressortissants burundais et assuré que la police renforcerait la protection dans les zones où des violences avaient été signalées.

"Depuis de nombreuses années, vous vivez au Kenya aux côtés des Kényans", a-t-il déclaré, promettant de faciliter l’obtention de documents pour ceux qui souhaitent rentrer volontairement au Burundi.

Cette décision intervient à moins d’un an de l’élection présidentielle kényane. Les détracteurs de William Ruto l’accusent de faire porter aux étrangers une partie de la responsabilité des difficultés économiques du pays, dans un contexte politique déjà tendu.

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