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Sao Tomé-et-Principe : d'anciennes plantations coloniales au patrimoine de l'Unesco

Le drapeau de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) devant le palais des congrès,25 juillet 2004, à São Tomé,   -  
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ARMANDO FRANCA/AP

São Tomé and Príncipe

Le mois dernier, d’anciennes plantations coloniales construites sur le dos de l’esclavage et du travail forcé à Sao-Tome et Principe, ont été inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Appelées « rocas », ces domaines agricoles ont pour la plupart été abandonnées, ce qui représente un défi majeur en matière de préservation pour ce petit archipel du golfe de Guinée. L’une d’elle, la plantation de Sundy, présente encore une rangée de « sanzalas » où vivaient les ouvriers agricoles.

« Voici les “sanzalas” ; c’est dans ces maisons que vivaient les anciens travailleurs de l’époque coloniale, comme ma grand-mère, ainsi que d’autres travailleurs. Mon père est né ici et, plus tard, moi aussi, je suis née dans ces sanzalas. », a déclaré Conceicao Moreno, descendante de travailleurs sous contrat venus du Cap-Vert pour cultiver le cacao à Sundy.

Fondées par des colons portugais dans la seconde moitié du XIXe siècle, ces plantations cultivaient de manière intensive la canne à sucre, puis le cacao et le café. Elles recouraient initialement à des esclaves, qui furent ensuite remplacés par des travailleurs sous contrat, contraints de vivre et de travailler dans des conditions difficiles.

« C’est une source de satisfaction pour Sao Tomé-et-Principe d’avoir réussi à faire inscrire six « rocas » sur la Liste du patrimoine mondial, quatre « rocas » à Sao Tomé et deux sur l’île de Principe. Ce fut un travail très difficile, mené pendant plusieurs années par divers spécialistes de la communauté qui se sont impliqués, par des experts internationaux, d’experts nationaux, ainsi que par l’État lui-même, qui s’est engagé à préserver ces « rocas », véritables trésors dans lesquels est conservée notre mémoire collective de Sao Tomé-et-Principe, de la période coloniale à nos jours. », a indiquéEmir Boa Morte, directeur général de la Culture de Sao Tomé-et-Principe.

Si certaines ont été laissées à l’abandon, d’autres rocas suscitent toutefois l’intérêt d’investisseurs privés désireux de développer le potentiel touristique de ces bâtiments chargés d’histoire.

« Une grande partie de notre histoire est en train de se perdre, et l’UNESCO déploie des efforts considérables pour préserver notre histoire, mais je pense également qu’il est important que nous apportions notre contribution, en rénovant les « rocas », en préservant les anciens bâtiments et en préservant la culture qui existait ici. », a expiquéEgbert Bloemsma, directeur général de HBD Hotels.

Sao Tomé, au large de la côte ouest de l’Afrique, bénéficiait d’un afflux constant d’esclaves, car elle constituait la dernière étape sur la route commerciale avant que les navires ne partent pour les Amériques.

Après l’abolition de l’esclavage par le Portugal en 1869, les travailleurs sont devenus des employés « sous contrat », amenés, souvent de force, depuis d’autres colonies portugaises — l’Angola, le Mozambique et le Cap-Vert — ainsi que du Gabon et du Congo.

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