Guerre en Iran
Six mois après les attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la République islamique est toujours en place. Malgré les bombardements et la disparition de plusieurs de ses hauts dirigeants, le pouvoir iranien a résisté, tandis que Téhéran a renforcé son influence régionale grâce notamment à sa position stratégique dans le détroit d’Ormuz.
Mais à l’intérieur du pays, la situation économique reste particulièrement difficile. Inflation, sanctions et perte de pouvoir d’achat continuent de peser lourdement sur le quotidien des Iraniens.
Un pouvoir qui a résisté
Lors du déclenchement des attaques le 28 février, les États-Unis et Israël espéraient provoquer la chute du pouvoir iranien et favoriser l’installation d’un gouvernement pro-occidental.
Six mois plus tard, cet objectif n’a pas été atteint. Les dirigeants tués ont rapidement été remplacés et les appels adressés à la population pour qu’elle se soulève contre le régime n’ont pas produit les résultats escomptés.
L’Iran a également démontré sa capacité à perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations mondiales d’hydrocarbures, et a attaqué des pays du Golfe accueillant des troupes américaines.
Cette capacité de riposte a également suscité des interrogations parmi les monarchies du Golfe sur les garanties de sécurité offertes par Washington.
Une population confrontée aux difficultés économiques
La résistance du pouvoir iranien ne signifie toutefois pas une amélioration des conditions de vie. Dans les rues de Téhéran, les conséquences de la crise économique restent très visibles.
« Ce que je gagne chaque jour ne suffit même pas pour faire quelques courses alimentaires », témoigne Saeed Fariabi, un chauffeur de taxi de 56 ans, qui décrit une situation économique « extrêmement mauvaise ».
Les sanctions internationales continuent notamment de peser sur l'économie iranienne. Pour certains habitants, elles ne sont cependant pas nouvelles.
Gholam Reza Rahmatpour, 59 ans, reconnaît que la pression économique américaine a un impact sur la population, mais estime qu'elle n'a pas entamé sa détermination. « Nous vivons sous sanctions depuis quarante-sept ans », souligne-t-il, mettant en avant la capacité des Iraniens à faire face aux difficultés.
Le détroit d’Ormuz comme moyen de pression
Sur le plan régional, le détroit d’Ormuz reste l’un des principaux leviers de Téhéran. Les autorités iraniennes ont montré qu’elles pouvaient utiliser cette voie maritime stratégique pour exercer une pression sur leurs adversaires et sur l’économie mondiale.
Cette capacité ne signifie toutefois pas que l’Iran est sorti vainqueur du conflit. Le pays reste confronté à de lourdes difficultés économiques et aux conséquences des affrontements.
Six mois après le début de la guerre, le Moyen-Orient a donc profondément évolué, sans que les objectifs initiaux de Washington et d’Israël aient été pleinement atteints.
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