Afrique du Sud
Quelques dizaines de manifestants ont défilé dans le quartier de Bellville, au Cap, qui abrite une importante communauté d’immigrés somaliens, brandissant des pancartes et scandant des slogans hostiles à l’immigration illégale.
Ils ont remis un mémorandum au ministère de l’Intérieur, demandant notamment la suspension du traitement de tous les visas étrangers, jusqu’au recensement officiel des millions de personnes qui, selon eux, vivent dans le pays sans papiers en règle.
« Ils sont comme des fourmis », a déclaré Charlie Rox, dirigeant de March & March Cape Town, à propos des immigrés présents dans le quartier. « On pourrait vraiment croire qu’il s’agit d’un pays étranger, et non d’une communauté sud-africaine », a-t-il ajouté.
Cette manifestation intervient alors que Pretoria souhaite porter la question migratoire au niveau continental.
Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a appelé jeudi à la tenue d’une conférence africaine consacrée aux migrations, estimant que la nécessité d’un tel dialogue était devenue « de plus en plus urgente ».
« La migration est un phénomène continental dont les conséquences dépassent la juridiction d’un seul Etat », a indiqué le ministère dans un communiqué.
Selon Pretoria, cette réunion permettrait de revenir sur une décision prise par l’Union africaine (UA) il y a une dizaine d’années, qui avait fait de la migration un enjeu de développement économique, d’intégration régionale, de paix et de gouvernance.
Elle aurait également pour objectif d’examiner les causes profondes du sentiment anti-migrants et de définir une réponse continentale à la xénophobie, à la discrimination et aux violences.
L’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, attire depuis longtemps des migrants, notamment en provenance d’autres pays africains. Le pays connaît toutefois des épisodes récurrents de violences xénophobes depuis près de deux décennies.
Ces violences se sont intensifiées cette année après que des groupes d’autodéfense ont ordonné aux étrangers en situation irrégulière de quitter le territoire avant le 30 juin.
Plus de 176.000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines, selon un décompte de l’AFP établi à partir des chiffres fournis par les pays africains ayant rapatrié leurs ressortissants.
Au moins quatre migrants ont été tués dans ces violences, selon la police sud-africaine. Certains gouvernements étrangers estiment toutefois que le bilan pourrait être plus élevé.
Le Ghana, qui a condamné les attaques, a demandé qu’un débat sur les violences anti-migrants soit organisé lors du prochain sommet de l’UA, prévu au début de l’année prochaine. Le Nigeria, qui a déjà eu plusieurs différends diplomatiques avec Pretoria à propos d’attaques visant ses ressortissants, a également demandé que la question soit inscrite à l’ordre du jour de l’organisation panafricaine.
Pretoria a cependant indiqué que le Conseil exécutif de l’UA, réuni cette semaine en Ethiopie, avait décidé de ne pas inscrire la question migratoire à l’ordre du jour de la réunion d’évaluation à mi-parcours de l’organisation, prévue en octobre en Egypte.
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