Gaza
Mille jours se sont écoulés depuis que l’attaque menée par le Hamas contre Israël a déclenché la guerre à Gaza. Le conflit s’est depuis enraciné dans la durée, tandis que d’autres tensions régionales ont émergé et que les cessez-le-feu fragiles dans la région portent les stigmates d’attaques récurrentes.
Dans la bande de Gaza, les habitants décrivent une transformation totale de leur quotidien. Familles déplacées, enfants privés d’école, communautés fragmentées : la guerre a bouleversé presque tous les aspects de la vie civile, dans un contexte de violences persistantes et de destructions massives.
Des centaines de tentes s’alignent désormais près du port de Gaza et dans certains quartiers de Khan Younis, où de nombreuses familles survivent après la destruction de leurs habitations. Malgré un cessez-le-feu fragile entré en vigueur en octobre dernier, les frappes israéliennes se sont poursuivies presque quotidiennement, faisant plus de 1 000 morts parmi les Palestiniens depuis lors, selon les autorités sanitaires de Gaza.
Les témoignages recueillis traduisent l’ampleur du désastre humain. « Nos vies ont été détruites… il ne reste plus rien », confie une habitante déplacée, décrivant une existence marquée par la faim, la maladie, l’exil forcé et l’humiliation. D’autres habitants évoquent la perte simultanée de leurs proches, de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance.
Le système de santé fonctionne sous une pression extrême. À l’hôpital Nasser, le personnel médical affirme avoir travaillé sans interruption depuis le début du conflit, confronté à un flux constant de blessés et à un manque chronique de ressources. Les équipes soignantes décrivent une situation où le travail s’est transformé en présence continue d’urgence.
Les enseignants alertent également sur une génération privée d’éducation. Les enfants, disent-ils, passent désormais leurs journées à faire la queue pour l’eau ou l’aide humanitaire plutôt que d’aller à l’école, sans espace sûr pour apprendre ou se reconstruire.
Sur le plan territorial, les forces israéliennes contrôlaient plus de la moitié de la bande de Gaza dans le cadre du cessez-le-feu d’octobre, mais le gouvernement israélien a depuis étendu son emprise et affirme vouloir porter ce contrôle à 70 % du territoire.
La guerre a débuté le 7 octobre 2023, lorsque des combattants dirigés par le Hamas ont attaqué le sud d’Israël, tuant environ 1 200 personnes et prenant 251 otages. Depuis, la campagne militaire israélienne à Gaza a fait plus de 73 000 morts selon le ministère de la Santé de Gaza, dont les chiffres sont jugés crédibles par de nombreuses organisations internationales, bien qu’ils soient contestés par Israël.
Pour les Gazaouis, aucun horizon de sortie ne se dessine clairement, alors que le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré, ce mercredi, que l’armée israélienne resterait « indéfiniment » dans ce qu’elle qualifie de « zones de sécurité » établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.
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