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Les roches rouges recèlent des minerais très convoités en RDC

Mine de cuivre de Kamoa, Kolwezi, République démocratique du Congo, mai 2026   -  
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République démocratique du Congo

Dans les vastes entrepôts de la mine de cuivre de Kamoa, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, des montagnes de roches rougeâtres s’empilent tandis que les machines tournent jour et nuit.

Ce gisement, réputé pour être le plus grand d’Afrique, est l’un des trésors cachés de la République démocratique du Congo, qui se trouve au cœur d’une course mondiale aux minerais stratégiques.

Dans ces installations ultramodernes, des milliers de travailleurs extraient l’« or rouge », très convoité par les marchés internationaux en raison de sa teneur exceptionnellement élevée en cuivre.

La Chine l’exploite depuis longtemps, et aujourd’hui, les États-Unis se disputent une part des richesses minérales du pays, cherchant à contester l’emprise de Pékin sur ces ressources stratégiques utilisées pour fabriquer des voitures, des téléphones et des armes.

« Kamoa est actuellement l’une des plus grandes mines de cuivre au monde », avec une capacité de production de 300 000 tonnes par an, a déclaré à l’AFP sa directrice générale, Annabel Oosthuizen.

Elle « est en passe de devenir la plus grande mine de cuivre d’Afrique et probablement la quatrième plus grande mine de cuivre au monde », avec pour objectif de produire un demi-million de tonnes à partir de 2028, a-t-elle ajouté, « ce qui la placera parmi les plus importantes au monde en termes de capacité ».

Richesses minérales, pauvreté

La RDC est l’un des pays les plus pauvres du monde.

Sur ses quelque 100 millions d’habitants, près de deux sur trois vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon les statistiques officielles.

Pourtant, ce vaste pays d’Afrique centrale est également l’une des plus grandes sources mondiales de métaux stratégiques indispensables à l’industrie mondiale.

Il est le premier producteur africain de cuivre, avec 3,4 millions de tonnes en 2025.

Le minerai extrait à Kamoa présente une teneur en cuivre de 2,8 %, soit quatre fois la moyenne mondiale.

Le pays est également le premier producteur mondial de cobalt, avec 68 % de l’offre mondiale.

Tout cela le place au cœur des intérêts économiques de la Chine et des États-Unis, qui le convoitent activement.

Le cuivre et le cobalt sont essentiels à la fabrication des smartphones, des ordinateurs, des voitures et des batteries.

Le cuivre conduit l’électricité, tandis que le cobalt permet de stocker cette énergie.

Ces minéraux sont également indispensables à l’aéronautique, à la défense et aux énergies renouvelables.

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la demande mondiale de cuivre devrait augmenter de plus de 40 % d’ici 2040, tandis que celle de cobalt devrait quadrupler d’ici 2030.

« En ce qui concerne les réserves de cuivre disponibles et les besoins futurs, il faudra… tripler les quantités de cuivre actuellement disponibles au cours des deux prochaines années » à Kamoa, a déclaré M. Oosthuizen à l’AFP.

Accord entre les États-Unis et la RDC

Kamoa Copper S.A. est une coentreprise détenue à parts égales par la société canadienne Ivanhoe Mines et la société chinoise Zijin Mining, l’État congolais détenant une participation minoritaire de 20 %.

La Chine investit massivement dans le pays depuis près de 20 ans et représenterait, selon la Chambre des mines congolaise, 70 % de l’activité minière.

Mais en décembre, Kinshasa a accepté un accord de partenariat stratégique avec Washington, dans le cadre d’un accord de paix pour la RDC, en proie à des conflits depuis plus de 30 ans.

Cet accord n’a pour l’instant pas permis de mettre fin aux combats dans l’est du pays, ravagé par la violence, mais une première liste de 25 sites miniers a été soumise à Washington en vue d’éventuels investissements ou de l’octroi de licences d’exploitation.

En février, le géant suisse des matières premières Glencore a signé un protocole d’accord avec le consortium Orion Critical Mineral, dirigé par les États-Unis, afin d’accorder à ce dernier une participation potentielle de 40 % dans les actifs miniers du conglomérat suisse en RDC.

«Cela permettra aux États-Unis de bénéficier de la production issue de la RDC par l’intermédiaire de Glencore », a déclaré à l’AFP Marie-Chantal Kaninda, présidente de Glencore RDC.

Les intérêts chinois

Kolwezi, la ville la plus proche du site de Kamoa, est entourée d’une douzaine de mines industrielles géantes.

Cela lui a valu les surnoms de « capitale du cuivre » et de « capitale mondiale du cobalt ».

Le long de la route soigneusement pavée reliant le centre-ville au petit aéroport local, encore préservé, de nombreux magasins arborent des enseignes en caractères chinois.

L’anglais est largement parlé dans les hôtels et restaurants locaux qui accueillent une clientèle d’affaires étrangère.

« Je suis né et j’ai grandi à Kolwezi. J’ai toujours vu des mines et des Chinois ici », a déclaré Kevin Mwarabu, chauffeur de taxi âgé de 26 ans.

Aujourd’hui, les responsables de la RDC ont indiqué qu’ils se satisfaisaient de faire des affaires avec les deux grandes puissances.

Le sous-sol du pays reste largement inexploré.

Malgré tout, le secteur minier « est le moteur de toute l’économie congolaise », a déclaré le ministre de l’Économie, Daniel Mukoko.

La rivalité entre les États-Unis et la Chine dans la course mondiale aux minerais stratégiques « n’est pas notre guerre », a déclaré Eric Kalala, directeur de la société d’État General Cobalt Company (EGC), qui détient le monopole de la commercialisation de la production de cobalt non industriel dans le pays.

« Il y a de la place pour tout le monde », a-t-il déclaré lors du Katanga Business Meeting qui s’est tenu à Kolwezi en mai.

« La RDC s’étend sur 2,4 millions de kilomètres carrés (0,9 million de miles carrés) et sur l’ensemble de ce territoire, il y a des explorations à mener. »

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