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L’Union européenne autorise les « centres de retour » hors de ses frontières

Des migrants secourus, arrivent au port de Lavrio, en Grèce, le 10 juillet 2025   -  
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Réfugiés

Le Parlement européen a donné mercredi son feu vert définitif à la création de « centres de retour » hors de l’Union européenne, une mesure phare d’une réforme destinée à accélérer l’expulsion des migrants en situation irrégulière. Le texte a été adopté à Strasbourg par 418 voix contre 218, avec 30 abstentions.

La réforme permet aux États membres qui le souhaitent de conclure des accords avec des pays tiers afin d’y installer des structures destinées à accueillir des étrangers déboutés du droit d’asile avant leur renvoi vers leur pays d’origine. Ces centres, parfois qualifiés de « hubs de retour », constituent l’un des volets les plus controversés du durcissement de la politique migratoire européenne.

Plusieurs pays se sont déjà positionnés. La Grèce espère disposer d’un premier centre de ce type dès 2027, tandis que l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas ou encore le Danemark explorent également cette possibilité.

Les partisans du texte mettent en avant la faible efficacité du système actuel. Dans l’Union européenne, environ 20 % seulement des décisions d’expulsion sont effectivement exécutées. « Aujourd’hui, l’Europe a répondu », s’est félicité l’eurodéputé néerlandais Malik Azmani, rapporteur du texte. Le ministre français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a salué une « avancée majeure » pour renforcer la maîtrise des flux migratoires.

L’adoption du règlement a toutefois donné lieu à de vifs échanges dans l’hémicycle. Des élus d’extrême droite ont applaudi le vote en scandant « Renvoyez-les ! », tandis que des députés de gauche répondaient par des « Honte à vous ! ». Les opposants dénoncent une externalisation de la gestion migratoire européenne et alertent sur les risques de violations des droits fondamentaux dans des centres situés hors du territoire de l’Union.

Cette réforme intervient quelques jours après l’entrée en vigueur du Pacte européen sur la migration et l’asile. Elle confirme la volonté d’une majorité d’États membres de durcir les politiques de retour, même si les précédents dispositifs mis en place par le Royaume-Uni au Rwanda ou par l’Italie en Albanie ont jusqu’ici rencontré d’importants obstacles juridiques et opérationnels.