Afrique du Sud
Des ressortissants nigérians se sont rassemblés à l'aéroport international OR Tambo, près de Johannesburg, en vue de leur rapatriement, après une vague d'attaques visant les immigrés dans plusieurs régions du pays.
Depuis des semaines, des groupes armés de bâtons, de fouets et de boucliers sillonnent certaines zones pour exiger le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin. Un climat de peur qui a poussé de nombreux Nigérians à partir, parfois après des années passées sur le sol sud-africain.
La consule générale du Nigeria en Afrique du Sud, Ninikanwa Okey-Uche, a décrit une atmosphère d'intimidation au quotidien : Vous marchez dans la rue et quelqu'un peut vous arrêter pour vous demander vos papiers. Des personnes ont été blessées, des commerces ont été pillés. Le message est sans équivoque : rentrez chez vous.
Parmi ceux qui s'apprêtent à partir, Ona Charles, installé en Afrique du Sud depuis 14 ans, confie son amertume : Mon expérience ici est terrible. Des allers-retours constants, aucune stabilité. Je préfère repartir de mon plein gré et rentrer sain et sauf, plutôt que d'attendre d'être blessé.
Les autorités sud-africaines, elles, appliquent la loi sans détour. Un agent des services d'immigration a précisé le sort réservé aux personnes expulsées : inscrites sur une liste d'interdiction et déclarées « indésirables », elles ne pourront pas revenir en Afrique du Sud avant cinq ans.
L'Afrique du Sud, l'une des économies les plus dynamiques du continent, est depuis longtemps une terre d'accueil pour les travailleurs africains, qu'ils soient en situation régulière ou non. Mais la montée des tensions autour de l'immigration met aujourd'hui à rude épreuve cette réputation d'ouverture.
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