Business africa
Cette semaine, Business Africa se penche sur le marché de la cryptomonnaie au Nigeria, que le gouvernement veut rendre plus transparent et plus sûr avec son nouveau Conseil pour les Actifs Virtuels. Egalement au menu : le rôle de la diaspora africaine dans la croissance économique du continent.
Le Nigeria progresse en matière de régulation des marchés de la crypto
Face à une expansion rapide des cryptomonnaies en Afrique, Lagos prend des mesures importantes pour mieux encadrer, mieux surveiller et augmenter la confiance des investisseurs dans ce marché. Un projet de cadre réglementaire, nommé le "Virtual Asset Council" (Conseil pour les Actifs Virtuels) vise à accroître la transparence et à créer un environnement propice à l'innovation, tout en garantissant la protection des consommateurs.
Ainsi, cette initiative devrait favoriser la poursuite de la croissance des actifs numériques sur l'ensemble du continent, notamment en améliorant l'efficacité des paiements transfrontaliers — un domaine dans lequel la technologie blockchain a déjà démontré un potentiel considérable.
Tant pour les entreprises que pour les particuliers, des transactions internationales plus rapides et plus abordables pourraient ouvrir de nouvelles perspectives en matière de commerce et d'inclusion financière.
Pelumi Esho, PDG et fondateur de 91 Payments, est en première ligne du secteur des technologies financières en Afrique. Elle explique les conséquences de ces réformes pour le marché et souligne l'importance d'une réglementation équilibrée qui encourage l'innovation tout en instaurant la confiance au sein de l'écosystème des actifs virtuels.
Les acteurs du secteur estiment que des lignes directrices réglementaires claires pourraient faire du Nigeria l'un des principaux pôles de la finance numérique en Afrique.
Repenser les transferts de fonds en tant que capitaux d'investissement
Partout dans le monde, la diaspora africaine continue de jouer un rôle essentiel dans le développement économique du continent, en envoyant chaque année près de 100 milliards de dollars vers les pays d’origine — un montant qui dépasse les investissements directs étrangers dans de nombreux pays africains.
Lors du sommet EMY Africa de Londres, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des décideurs politiques ont discuté de la manière dont ces transferts de fonds pourraient évoluer pour ne plus se limiter à soutenir les dépenses des ménages, mais devenir un catalyseur de la transformation économique à long terme.
Sujet phare de la conversation : la nécessité d’encourager les communautés de la diaspora à consacrer une part plus importante de leurs contributions financières à des projets entrepreneuriaux, à des petites entreprises et à des investissements productifs. Une telle réorientation pourrait stimuler la création d’emplois, renforcer les industries locales et accélérer une croissance économique durable à l’échelle du continent.
Les participants du sommet ont souligné que la mise en place de véhicules d’investissement accessibles, l’amélioration des infrastructures financières et le renforcement de la confiance entre investisseurs et entrepreneurs seront essentiels pour libérer pleinement le potentiel de développement des capitaux de la diaspora.
A Bukavu, des dèchets agricoles transformés en ressource durable
En Afrique centrale, l'innovation transforme également l'agriculture. À Bukavu, l'entreprise Joella montre comment des pratiques agricoles durables peuvent répondre simultanément à de multiples défis économiques et environnementaux.
Son idée ? En élevant des mouches soldats noires, l'entreprise transforme les déchets organiques en aliments pour animaux riches en protéines, offrant ainsi aux agriculteurs une alternative plus abordable aux sources d'alimentation traditionnelles. Cette approche permet de réduire les coûts de production, et contribue à améliorer la sécurité alimentaire, tout en facilitant la gestion des déchets.
Au-delà de ses avantages environnementaux, cette initiative crée des emplois au sein des communautés locales, tout en favorisant la productivité agricole. À mesure que la demande en agriculture durable s'accroît, des initiatives similaires sont de plus en plus reconnus comme des solutions permettant de renforcer les systèmes alimentaires à travers l'Afrique.
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