Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Tunisie : l’ONU dénonce la répression contre la société civile et les médias

Le président tunisien Kais Saied assiste à une cérémonie de signature à Pékin, le 31 mai 2024.   -  
Copyright © africanews
AP

Tunisie

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a exigé jeudi que la Tunisie mette fin à la répression croissante visant les organisations de la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme et les figures de l'opposition.

"La répression continue et les restrictions imposées à l'espace civique par les autorités tunisiennes portent atteinte aux droits des personnes protégés par la Constitution du pays et à ses obligations internationales en matière de droits de l'homme", a déclaré Volker Turk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, dans un communiqué.

Sa déclaration fait suite à la suspension temporaire, cette semaine, de la section locale de l’ONG internationale Avocats sans frontières par les autorités tunisiennes, quelques jours après qu’une autre organisation de premier plan, la Ligue tunisienne des droits de l’homme, eut fait l’objet d’une mesure similaire.

Avocats sans frontières a indiqué à l’AFP avoir reçu une suspension de 30 jours, sans toutefois fournir de détails sur les motifs invoqués.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué que les autorités tunisiennes invoquent souvent des irrégularités en matière de financement et d’audit pour justifier ces suspensions.

"Nous observons une tendance croissante selon laquelle les autorités tunisiennes recourent à des sanctions imposées par la justice pour restreindre l’exercice du droit à la liberté d’association, en ne tenant que très peu compte des principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité requis pour que de telles limitations soient admissibles", a déclaré Volker Turk.

Les médias dans le viseur des autorités

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a également souligné que, parallèlement, le gouvernement tunisien imposait des restrictions de plus en plus sévères aux médias.

À la fin du mois dernier, le journaliste tunisien Zied el-Heni, qui avait critiqué les décisions de justice à l’encontre de collègues des médias et des juges impliqués, a été arrêté pour avoir causé "un préjudice à autrui" et porté atteinte à leur réputation, a déclaré son avocat à l’AFP.

Zied El-Heni est toujours en détention provisoire, a indiqué le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, ajoutant que 28 autres journalistes avaient été arrêtés l’année dernière et condamnés à diverses peines de prison pour des faits liés à leurs activités professionnelles.

Ces arrestations, a-t-il précisé, s’appuyaient, entre autres, sur les dispositions d’un décret-loi de 2022 intitulé "Lutte contre les crimes liés aux systèmes d’information et de communication".

"J’exhorte les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions, protégées par le droit international des droits de l’homme, et à lever toutes les restrictions arbitraires à la liberté d’expression et d’association", a déclaré Volker Turk.

"Les restrictions aux libertés fondamentales doivent rester exceptionnelles, fondées sur une loi claire, nécessaires et proportionnées à la poursuite d’un objectif légitime, non discriminatoires et accompagnées d’une procédure régulière et d’un contrôle judiciaire effectif", a-t-il ajouté.

"Le respect de l’État de droit en Tunisie nécessite des garanties institutionnelles plus solides, la protection de l’espace civique et une réforme législative inclusive et fondée sur les droits, conformément aux engagements internationaux du pays en matière de droits de l’homme."

En 2026, la Tunisie figure au 136ème rang (sur 180 pays) dans le classement Reporters Sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse. L'ONG internationale indique que les décisions du président Kaïs Saïed, depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2019, font craindre un recul de la liberté de la presse dans le pays.