Mali
La dernière vague d'attaques perpétrées au Mali par des djihadistes et des rebelles touaregs marque un nouveau chapitre dans la crise sécuritaire qui marque le pays depuis des années.
En 2012, le nord du Mali a sombré dans le chaos lorsque des rebelles d'origine touareg ont lancé une campagne en faveur de l'indépendance ou d'un statut spécial. Des djihadistes se sont rapidement joints à la rébellion, transformant le nord en une base de lancement pour une insurrection islamiste qui s'est depuis étendue au Niger et au Burkina Faso voisins.
Depuis son indépendance en 1960, le Mali a été confronté à des soulèvements répétés des Touaregs, un peuple nomade du Sahara d'origine berbère, motivés par des griefs contre le pouvoir du sud.
En mars 2012, des militaires ont renversé le président Amadou Toumani Touré, l'accusant de ne pas avoir su contenir une rébellion séparatiste menée par les Touaregs et l'avancée des groupes armés islamistes dans le nord.
Ce coup d'État a déclenché une crise sécuritaire qui a vu les rebelles touaregs et les djihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) s'emparer des principales villes du nord. Les Touaregs ont ensuite été écartés par les groupes djihadistes, qui ont pris le contrôle de la région.
Intervention de la France
Les djihadistes ont été partiellement repoussés par l’opération Serval menée par la France en 2013. Celle-ci a ensuite été remplacée en 2014 par l’opération Barkhane, une mission antiterroriste de plus grande envergure couvrant l’ensemble du Sahel.
Les Nations unies ont également déployé leur mission de maintien de la paix, la MINUSMA, qui a pris le relais d'une force panafricaine.
Accord de paix
En 2013, Ibrahim Boubacar Keïta — connu sous le nom d'IBK — a été élu président. Un accord de paix a été signé en 2015 entre le gouvernement et les groupes séparatistes du nord.
Malgré cet accord, les violences djihadistes se sont poursuivies, se confondant de plus en plus avec des affrontements communautaires meurtriers.
Coups d'État, retrait français
Des militaires ont renversé IBK lors d'un coup d'État en 2020. Un président de transition a été nommé, mais il a lui-même été évincé lors d'un deuxième coup d'État en 2021. Le général Assimi Goita s'est imposé à la tête de la junte au pouvoir, abandonnant progressivement ses promesses de retour à un régime civil.
Les relations avec les partenaires occidentaux se sont détériorées. En 2022, les troupes françaises et la mission de l'ONU ont été chassées du pays. Le Mali s'est alors tourné vers le groupe paramilitaire russe Wagner pour obtenir un soutien en matière de sécurité.
Reprise des combats
Après huit ans de calme relatif, les combats ont repris dans le nord du Mali en août 2023 entre des groupes armés à dominance touareg et l'armée.
En septembre, les séparatistes ont lancé une offensive contre la ville de garnison de Bourem, que l’armée a déclaré avoir repoussée. Les deux camps ont fait état de dizaines de morts.
Cette recrudescence de l’activité séparatiste a coïncidé avec une vague d’attaques revendiquées principalement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une alliance liée à Al-Qaïda.
L'armée reprend Kidal
L'armée malienne, appuyée par des combattants de Wagner — remplacés par la suite par l'Africa Corps, une milice russe —, a repris Kidal, bastion rebelle, en novembre 2023, mettant fin à des années de contrôle touareg. En janvier 2024, la junte a annoncé la fin immédiate de l'accord de paix de 2015.
Le mois de juillet 2024 a été marqué par l'un des pires revers militaires subis par le Mali depuis des années. Les forces gouvernementales et leurs alliés russes ont subi de lourdes pertes lors d'affrontements avec des rebelles séparatistes près de Tinzaouatene, dans le nord, parallèlement à une attaque djihadiste.
En septembre, le JNIM a revendiqué une double attaque de grande envergure contre l'aéroport militaire de la capitale Bamako et l'école de formation de la police militaire, faisant plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.
Alliance régionale
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso – tous dirigés par des juntes militaires – ont formé l'Alliance des États du Sahel (AES), annonçant la mise en place d'une force de 5 000 hommes pour lutter contre les groupes djihadistes. En septembre 2025, le JNIM a lancé une stratégie visant à étrangler l'économie malienne, en imposant des blocus sur plusieurs villes et sur les convois de carburant.
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