Kenya
Meta a annoncé jeudi la fin de sa collaboration avec l’entreprise kényane Sama, un sous-traitant clé chargé notamment de la modération de contenus sur Facebook et de tâches liées à l’intelligence artificielle. Cette décision devrait entraîner le licenciement de 1.108 employés à Nairobi.
Entre 2019 et 2023, Sama avait pour mission de filtrer les publications violentes, haineuses ou illicites sur la plateforme, en particulier en Afrique subsaharienne. L’entreprise s’était ensuite repositionnée sur des activités d’annotation de données, essentielles à l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique.
Dans un communiqué, Sama indique avoir reçu une notification officielle de Meta mettant un terme à une mission majeure dans ses bureaux kényans. « La procédure de licenciement touchera 1.108 employés », précise l’entreprise, ajoutant qu’une part importante des postes supprimés concerne directement le projet interrompu. Sa directrice pour le Kenya, Annepeace Alwala, affirme que l’entreprise « s’efforce activement » d’accompagner les salariés affectés.
Meta, de son côté, justifie cette rupture par des manquements aux standards exigés. Une porte-parole du groupe a indiqué que Sama « ne respectait pas nos normes », sans plus de précisions.
Cette décision intervient après plusieurs années de critiques visant les conditions de travail des modérateurs employés par Sama. D’anciens salariés dénoncent des pratiques abusives, évoquant notamment des licenciements injustifiés, des salaires irréguliers et des conditions assimilées à du travail forcé. En 2023, près de 200 ex-modérateurs ont engagé une action en justice au Kenya.
Les tentatives de médiation entre les parties ont échoué, ouvrant la voie à des procédures judiciaires. En 2024, la justice kényane s’est déclarée compétente pour examiner ces plaintes, un revers pour Meta qui contestait jusqu’alors la juridiction locale.
Par ailleurs, une autre affaire vise le groupe américain pour son rôle présumé dans la diffusion de contenus haineux liés au conflit au Tigré, en Éthiopie. Là encore, les tribunaux kényans ont accepté d’instruire le dossier, accentuant la pression judiciaire sur Meta.
Malgré les accusations, Sama défend ses pratiques. L’entreprise assure offrir à ses employés « un salaire décent, des avantages sociaux complets et un accompagnement psychologique sur site ». Des déclarations qui peinent toutefois à dissiper les critiques, alors que cette rupture contractuelle marque un tournant dans les relations entre Meta et ses partenaires africains.
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