Guinée-Bissau
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi à Bissau pour rendre hommage à Vigario Luis Balanta, un activiste connu pour ses critiques envers la junte militaire au pouvoir.
Son corps, retrouvé mutilé mardi dans les rizières de Ndam Lero (à 30 km de la capitale), a provoqué une vague d’indignation dans le pays. Les manifestants, réunis après les funérailles de Balanta, scandaient « Justice ! » pour dénoncer un crime qu’ils attribuent au régime. « Mon frère Vigario n’était pas malade. Il n’est pas mort dans son lit, il a été assassiné parce qu’il se battait pour la vérité et la justice pour son peuple », a témoigné Ivanildo Gomes, un manifestant. « Ils l’ont tué comme un voleur et abandonné dans la rue. Vigario ne méritait pas ça. »
Nielson Antonio Mache a ajouté : « Vigario a été assassiné, c’est clair pour tout le monde. Aujourd’hui, nous manifestons pacifiquement pour réclamer justice. »
La colère des manifestants s’est traduite par des barricades et l’incendie de pneus et de mobilier urbain, bloquant la circulation. La police est intervenue avec des matraques et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Binta Gomes Mane, une manifestante, a exprimé son indignation : « Vigario était un héros du peuple. Il a été tué comme un chien. Nous ne pouvons pas rester silencieux. Nous exigeons justice. »
Les Nations unies ont qualifié ce meurtre de « brutal » et appelé les autorités à mener une « enquête approfondie et impartiale ». La mort de Balanta intervient dans un contexte de « réduction progressive de l’espace civique et démocratique » en Guinée-Bissau.
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