Gaza
Dans la bande de Gaza, les agriculteurs font preuve d’une résilience remarquable face à des années de conflits, de destructions et de déplacements forcés. Malgré des ressources limitées et un espace restreint, les habitants tentent de cultiver à nouveau leurs terres pour subvenir à leurs besoins.
Ahmed al-Astal, agriculteur, témoigne avec amertume : « Toute la terre était cultivée. C’était le paradis sur terre, comme on dit. Aujourd'hui, ce paradis est devenu un enfer. Pourquoi ? Parce que lorsque vous plantez, les Israéliens avancent un peu plus, et vous devez quitter vos terres. Vous les laissez deux ou trois mois, puis vous revenez pour trouver vos récoltes détruites. Les terres cultivables se réduisent chaque jour et maintenant tout se concentre dans la zone de Muwasi, déjà saturée de personnes déplacées. Dois-je cultiver la terre ou installer des tentes pour les habitants ? »
La plupart des terres agricoles sont soit sous contrôle israélien, soit occupées par des réfugiés, ce qui limite considérablement l’agriculture. Les cultures sont désormais cantonnées à quelques secteurs comme Muwasi, Khan Younis et certaines parties de Deir al-Balah, insuffisants pour nourrir les deux millions d’habitants de Gaza. « Nous sommes passés d’une production agricole abondante et de qualité à une situation où seulement 10 % des terres sont encore cultivées », explique al-Astal.
La pénurie de semences et de fertilisants complique encore le travail des agriculteurs. Selon la FAO, près de 86 % des terres agricoles de Gaza ont été gravement endommagées. Déjà éprouvés par les déplacements, les habitants doivent désormais payer des denrées beaucoup plus chères pour se nourrir.
Mohamed al-Naggar, déplacé de Rafah, témoigne : « Les prix sont exorbitants pour n’importe quel citoyen, en raison de la fermeture des frontières, de la rareté des produits et du contrôle exercé sur Rafah et la partie Est de Gaza, accentués par le siège israélien. » Asrar Qadih, une femme déplacée à l’Est de Khan Younis, illustre cette réalité au quotidien : « Autrefois, nous achetions deux ou trois kilos de légumes. Aujourd’hui, nous ne pouvons nous permettre qu’un ou deux légumes à l’unité.
Alors que la bande de Gaza tente de restaurer sa production alimentaire dans un contexte de crise humanitaire extrême, la quête de l’autosuffisance agricole reste un défi immense, quasi impossible sans un soutien international et la levée du blocus.
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