Nigéria
Depuis plus d’un an, Umma Hani Yusuf Khalid a trouvé une stabilité financière au volant de son Tuk-Tuk rose, dans les rues animées de Kano, capitale commerciale du nord nigérian. Mère de deux enfants et divorcée, elle ne se laisse pas intimider par les conducteurs masculins.
« Avant, j'étais conciliante, j'essayais toujours d'apaiser les conflits. Mais j'ai fini par comprendre que quand on se montre poli, les gens en profitent, surtout en cas d'accident. Si vous restez sans rien dire, on vous reprochera tout. Mais lorsque vous vous montrez ferme et forte, votre interlocuteur devient plus raisonnable et reconnaît les dommages causés à votre véhicule », explique-t-elle.
Ces véhicules compacts, également appelés "keke" au Nigeria et importés d’Inde, offrent de nombreux avantages : maniables, économiques et désormais électriques, ils constituent une alternative intéressante aux voitures et motos traditionnelles.
Face à la hausse du prix du carburant et aux enjeux climatiques, l’initiative de Mata Zalla, coopérative fondée par Hauwa Ahmad Tarauni, encourage les femmes à conduire ces Tuk-Tuk électriques. « Nous avons lancé l'idée que les femmes puissent conduire des Tuk-Tuk, tout en utilisant une nouvelle technologie sans essence. On entend sans cesse parler du réchauffement climatique, c'est pourquoi, même modestement, il nous a semblé important de contribuer à réduire ce problème », souligne Tarauni.
Les Keke roses ne transportent que des passagères et proposent des tarifs inférieurs à ceux des Tuk-Tuk traditionnels jaunes. Dans une ville où le contexte religieux et culturel décourage la mixité dans les taxis, ce choix rassure de nombreuses femmes. « Nous avons choisi ce Tuk-Tuk parce qu'il n'y a pas d'hommes à l'intérieur, et nous sommes à l'aise. Nous sommes entre femmes, donc il n'y a aucun inconvénient. C'est un bon moyen de transport, et nous l'apprécions », confirme Yakuba Abi, commerçante locale.
Grâce à des contrats de location-vente, les conductrices deviennent progressivement propriétaires de leur véhicule. Le projet connaît un succès croissant : 200 femmes sont actuellement sur liste d’attente pour rejoindre l’initiative. Au-delà de la mobilité, cette entreprise contribue à redéfinir le rôle économique des femmes dans un environnement marqué par le conservatisme religieux et un taux élevé de divorces.
Pour Umma Hani Yusuf Khalid, la conduite de son Tuk-Tuk n’est pas seulement un emploi : c’est un acte d’affirmation et d’indépendance. Parcourant chaque jour les rues bondées de Kano, elle illustre la force et la détermination des femmes nigérianes qui, contre vents et marées, réinventent leur destin.
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