Libye
Les agences onusiennes alertent sur les violations systématiques subies par les migrants et réfugiés en Libye, dénonçant un « modèle d’exploitation » normalisé depuis plus d’une décennie. Elles réclament la libération immédiate des détenus arbitraires et des réformes légales et politiques pour protéger leur dignité.
La Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) ont publié mardi un rapport accablant sur la situation des migrants et réfugiés dans le pays. Selon ce document, ces personnes sont confrontées à des violations graves et systématiques, allant des arrestations arbitraires et tortures aux violences sexuelles, en passant par l’exploitation et la discrimination.
Le rapport identifie quatre types d’abus récurrents : interceptions illégales et dangereuses en mer, expulsions collectives, violences sexistes et sexuelles, ainsi que détentions arbitraires, disparitions forcées et mauvais traitements dans environ 40 centres de détention officiels et non officiels. Fin 2025, près de 5.000 personnes étaient recensées dans les centres officiels gérés par le DCIM, mais le chiffre réel serait largement supérieur, selon les ONG.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye, déchirée par les rivalités politiques et l’instabilité chronique, est devenue un terrain propice à la traite humaine et aux abus contre les migrants, en grande partie originaires d’Afrique subsaharienne, mais aussi d’Asie et du Moyen-Orient. L’ONU appelle à des réformes juridiques et politiques immédiates pour démanteler ce système d’exploitation et exhorte l’Union européenne à suspendre toutes les interceptions et renvois vers la Libye jusqu’à ce que les garanties en matière de droits humains soient assurées.
La Libye, située à environ 300 km des côtes italiennes, reste un point de départ majeur pour les traversées de la Méditerranée, l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde, avec 33.348 décès et disparitions recensés entre 2014 et 2025, un chiffre que le rapport juge sous-estimé.
Aller à la video
Jesse Jackson, icône des droits civiques américains, est décédé à 84 ans
01:00
La Russie commémore Navalny sur sa tombe, sur fond de tests de poison
01:49
Migration clandestine : l'Italie prévoit un "blocus naval "en Méditerranée
02:32
Une ONG porte secours aux bateaux de migrants disparus en mer
Aller à la video
USA : à Minneapolis, des manifestants réclament toujours le départ de l’ICE
Aller à la video
Soupçonné d'être un passeur, un Marocain arrêté en Grèce