Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

Le Ghana veut faire reconnaître l'esclavage comme "le plus grave crime contre l’humanité"

Le Ghana veut faire reconnaître l'esclavage comme "le plus grave crime contre l’humanité"
Le président ghanéen John Dramani Mahama s'adresse à la 70e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, au siège de l'ONU, le mercredi 30 septembre 2015.   -  
Copyright © africanews
AP Photo

Ghana

Le Ghana s’apprête à franchir une étape diplomatique majeure. En mars prochain, le pays déposera une résolution devant l’Organisation des Nations unies afin que la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage soit officiellement qualifiée de « plus grave crime contre l’humanité ».

Une démarche soutenue par l’Union africaine

L’annonce a été faite dimanche par le président ghanéen John Dramani Mahama, à l’issue du sommet annuel de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Selon le chef de l’État, cette initiative constitue une première étape vers une reconnaissance internationale formelle de l’ampleur et de la gravité de la traite négrière transatlantique. Il a affirmé que les consultations menées avec plusieurs partenaires, ainsi que le soutien de l’Union africaine, renforcent les chances de voir cette démarche aboutir.

Le texte soumis à l’Assemblée générale des Nations unies prendra la forme d’une déclaration portant sur la traite des Africains et l’asservissement fondé sur des critères raciaux, qualifiés de crime d’une gravité exceptionnelle contre l’humanité.

Reconnaître l’histoire et ses conséquences

Pour Accra, l’enjeu dépasse la simple symbolique. La reconnaissance officielle ne modifiera pas le passé, mais elle permettrait d’en affirmer la réalité et la portée historique. Les autorités ghanéennes estiment que la traite négrière et les systèmes d’esclavage racialisé ont profondément façonné l’ordre mondial moderne.

Leurs répercussions se feraient encore sentir aujourd’hui à travers des inégalités structurelles, des discriminations raciales persistantes et des écarts économiques durables.

Le Ghana, premier pays d’Afrique subsaharienne à avoir obtenu son indépendance en 1957, abrite plusieurs sites emblématiques de cette histoire, notamment le fort de Cape Coast, ancien comptoir majeur de la traite négrière inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le président Mahama a précisé que son pays agit en concertation avec les États de la Communauté caribéenne (Caricom). Il a souligné que la démarche ne se limite pas à une éventuelle compensation financière, mais vise avant tout à établir une reconnaissance officielle des faits.

Dans l’immédiat, l’objectif est d’obtenir un vote à l’Assemblée générale afin que la communauté internationale reconnaisse la gravité exceptionnelle de la traite transatlantique. Pour le chef de l’État ghanéen, il s’agit d’un acte destiné à rétablir la vérité historique et à inscrire cette reconnaissance dans le droit et la mémoire collective mondiale.

Voir plus