Somalie
Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA rejette la reconnaissance du Somaliland et appelle à un cessez-le-feu et au dialogue au Soudan.
Jeudi, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a réaffirmé la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Somalie, rejetant toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant, et a condamné l'ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Soudan dans le contexte du conflit actuel.
Le Conseil a publié une déclaration dans laquelle il « réitère sa ferme condamnation et son rejet de la reconnaissance unilatérale par Israël de la soi-disant République du Somaliland » et exige sa révocation immédiate.
Lors de la réunion ministérielle qui s'est tenue à Addis-Abeba, la capitale de l'Éthiopie, le Conseil a déclaré qu'« aucun acteur n'a le pouvoir ou la légitimité de modifier la configuration territoriale d'un État membre de l'Union africaine » et que toute déclaration de ce type est nulle et non avenue et n'a aucun effet juridique en vertu du droit international.
La déclaration ferme du Conseil de paix et de sécurité fait suite à l'annonce faite par Israël le 26 décembre dernier de sa reconnaissance officielle du Somaliland en tant qu'État indépendant et souverain, devenant ainsi le seul pays à le faire. Cette décision a suscité de vives critiques dans toute la région.
Le Conseil s'est félicité des récentes avancées militaires contre le groupe terroriste Al-Shabaab et a encouragé les forces de sécurité somaliennes, soutenues par la mission de l'UA (AUSSOM) et ses partenaires, à poursuivre leurs opérations afin de « affaiblir plus efficacement et, à terme, vaincre Al-Shabaab et d'autres groupes terroristes ».
Il a exhorté le gouvernement fédéral somalien à intensifier le dialogue inclusif avec les États membres fédéraux et les autres parties prenantes, soulignant que « les divisions dans la gouvernance du pays compliquent la lutte contre les terroristes d'Al-Shabaab et prolongent les efforts visant à la stabilisation et à la construction de l'État ».
Le Conseil a également souligné la nécessité d'une constitution rapide de forces et d'un « financement durable, prévisible, flexible et pluriannuel » pour l'AUSSOM.
Le Conseil a fermement condamné toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Soudan et a exhorté les acteurs extérieurs à s'abstenir de « toute action susceptible d'alimenter le conflit », alors que les combats se poursuivent dans certaines régions du pays.
Il s'est déclaré profondément préoccupé par la persistance du conflit, citant les nombreuses victimes civiles, la destruction des infrastructures et l'aggravation de la crise humanitaire, notamment les informations faisant état de famine et de malnutrition dans plusieurs régions.
Le Conseil a condamné les violations commises à l'encontre des civils et a demandé que les responsables soient traduits en justice.
Il a exigé un accès humanitaire sans entrave et la protection des travailleurs humanitaires, et a appelé à une trêve humanitaire immédiate conduisant à un cessez-le-feu, affirmant qu'il n'existait aucune solution militaire viable au conflit.
Il a appelé à un processus politique inclusif, mené par le Soudan, afin de s'attaquer aux causes profondes de la crise et de rétablir l'ordre constitutionnel.
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