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Le Royaume-Uni restitue 100 œuvres africaines pillées au Nigeria

Le Royaume-Uni restitue 100 œuvres africaines pillées au Nigeria
Des bronzes du Bénin pillés par le passé et restitués au Nigeria sont examinés lors d'une cérémonie de remise à Lagos, au Nigeria, le samedi 21 juin 2025.   -  
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AP Photo

Nigéria

L’Université de Cambridge a officiellement transféré au Nigeria la propriété de 116 œuvres d’art africaines saisies par l’armée britannique à la fin du XIXᵉ siècle.

Ces objets, communément appelés les Bronzes du Bénin, avaient été emportés lors de l’expédition militaire britannique de 1897 à Benin City, dans l’actuel État d’Edo, au sud du Nigeria.

L’annonce a été faite conjointement par l’université britannique et la Commission nationale nigériane des musées et monuments (NCMM). Les deux institutions indiquent que les préparatifs sont en cours pour le retour physique des artefacts, qui pourrait intervenir avant la fin de l’année.

Un patrimoine conservé à Cambridge depuis plus d’un siècle

Les pièces concernées — sculptures, têtes commémoratives, plaques et bijoux en métal — sont actuellement conservées au Musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Cambridge. Elles faisaient partie d’un vaste ensemble d’œuvres réalisées entre les XVᵉ et XIXᵉ siècles dans l’ancien royaume du Bénin, réputé pour la finesse de son art et son importance culturelle.

Très appréciés pour leur qualité artistique, ces objets revêtent également une dimension spirituelle et historique majeure pour les communautés de la région.

La restitution fait suite à une demande officielle du Nigeria déposée en janvier 2022. L’université avait soutenu cette démarche, validée ensuite par la Commission britannique des œuvres caritatives, ouvrant la voie au transfert de propriété.

Selon les autorités nigérianes, les artefacts seront exposés dans des musées à Lagos et à Benin City, avec la création, à terme, d’une exposition permanente.

Coopération culturelle et restitution partielle

Si la majorité des œuvres sera renvoyée au Nigeria, 17 pièces resteront temporairement à Cambridge, sous forme de prêt, pour une durée initiale de trois ans. Elles continueront ainsi d’être accessibles au public, aux étudiants et aux chercheurs.

L’université souligne que cette restitution s’inscrit dans un long travail de coopération avec les institutions nigérianes, la cour royale du Bénin, ainsi que des artistes et universitaires du pays.

Pour Olugbile Holloway, directeur général de la NCMM, cette restitution dépasse la simple dimension matérielle. « Il ne s’agit pas seulement de récupérer des objets, mais de restaurer une part de fierté et de dignité qui a été perdue lorsque ces œuvres ont été arrachées à leur contexte », a-t-il déclaré.

De son côté, le directeur du musée de Cambridge, Nicholas Thomas, a salué un mouvement international croissant en faveur du retour des biens culturels acquis dans un contexte de violence coloniale, soulignant le soutien massif de la communauté universitaire à cette démarche.

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