Kenya
La Haute Cour du Kenya a rejeté la plainte déposée par des familles et des survivants de l’attentat contre l’ambassade américaine de Nairobi, survenu le 7 août 1998.
Les plaignants accusaient l’État kényan de négligence, estimant que les autorités avaient ignoré des avertissements répétés et laissé subsister de graves failles aux frontières et dans les services de l’immigration.
Présidant la formation de jugement, le juge Lawrence Mugambi a estimé que les éléments présentés ne permettaient pas d’établir la responsabilité de l’État. Selon la Cour, aucune preuve crédible ne démontre que les autorités kényanes n’auraient pas pris des mesures raisonnables pour empêcher l’attaque, condition indispensable à la reconnaissance de violations constitutionnelles.
La décision a suscité une vive déception parmi les victimes. « Nous sommes vraiment découragés. Depuis près de trente ans, ces hommes et ces femmes attendent que justice soit rendue », a déclaré Mike Kitivo, représentant du consortium des victimes de l’attentat du 7 août 1998.
Ce jour-là, deux camions piégés explosent presque simultanément devant les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salaam, en Tanzanie. Le double attentat fait 224 morts, dont 213 au Kenya, et plus de 4 000 blessés, en majorité des civils. À Nairobi, l’explosion ravage le centre-ville et traumatise durablement le pays.
Les avocats des familles envisagent de faire appel pour obtenir réparation. L’attentat du 7 août 1998 demeure une tragédie profondément inscrite dans la mémoire des Kenyans.
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