Ouganda
Le chef de l’armée ougandaise et fils du président fraîchement réélu Yoweri Museveni a déclaré vendredi que 30 partisans de l’opposition avaient été tués et 2 000 arrêtés à la suite du scrutin.
Le leader de l’opposition Bobi Wine est resté caché vendredi après avoir accusé les forces de sécurité d’avoir perquisitionné son domicile à la suite de l’élection du 15 janvier. Il a qualifié le scrutin de "vol éhonté" et appelé à manifester.
Museveni, 81 ans, a remporté un septième mandat avec 72 % des voix contre 25 % pour Wine, selon la Commission électorale. Des observateurs africains et des ONG internationales ont critiqué une forte répression de l’opposition ainsi que la coupure d’internet.
"Nous avons arrêté plus de 2 000 voyous que Kabobi pensait utiliser", a écrit sur X le chef de l’armée Muhoozi Kainerugaba, utilisant son surnom pour désigner Wine. "Jusqu’à présent, nous avons tué 30 terroristes du NUP", a-t-il ajouté, en référence au parti de Wine, la Plateforme de l’unité nationale.
Kainerugaba, 51 ans, est connu pour ses prises de position provocatrices, souvent vulgaires, sur les réseaux sociaux. Il ne cache pas son ambition de succéder à son père et a menacé cette semaine de traquer et de tuer Wine. Il a mêlé ses dernières déclarations sur l’opposition à des plaisanteries à caractère sexiste.
Parmi les personnes arrêtées ces derniers jours figure le député de l’opposition Muwanga Kivumbi, originaire de la région de Butambala, dans le centre de l’Ouganda, où les violences les plus graves du jour du scrutin ont été signalées.
Kivumbi a déclaré à l’AFP que les forces de sécurité avaient tué dix de ses agents de campagne après avoir pris d’assaut son domicile, tandis que la police a affirmé que ses partisans avaient été abattus après avoir tenté d’incendier un centre de dépouillement et un commissariat.
Un avocat de l’opposition a indiqué mercredi à l’AFP que plus de 600 personnes avaient été arrêtées dans le cadre des manifestations postélectorales.
"Dans toutes les affaires, nos clients nient les accusations. Certains affirment avoir été interpellés chez eux par la police et incarcérés avant de comparaître (devant la justice) pour des chefs d’accusation dont ils n’avaient pas connaissance", a déclaré l’avocat Erias Lukwago à l’AFP.
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