Soudan
L’Union africaine (UA) a fermement rejeté la création d’un gouvernement parallèle annoncé par les Forces de soutien rapide (FSR), une puissante milice paramilitaire soudanaise.
Ce projet, dévoilé samedi dernier lors d’une conférence de presse à Nyala, dans la région du Darfour, nomme Mohamed Hassan al-Ta'ayshi au poste de Premier ministre et le général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, à la tête d’un nouveau conseil présidentiel.
Dans un communiqué publié mercredi 30 juillet, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a averti que cette initiative constitue une menace grave pour la paix et l’unité nationale soudanaises. Il appelle les États membres et la communauté internationale à ne pas reconnaître ce gouvernement parallèle, soulignant le risque de fragmentation du pays.
L’UA réaffirme par ailleurs son soutien au gouvernement de transition établi en mai à Port-Soudan, dirigé par Kamil Idris, un ancien haut fonctionnaire de l’ONU. Elle exhorte toutes les parties à cesser immédiatement et sans condition les hostilités.
Par ailleurs, la Ligue arabe a dénoncé cette déclaration comme une tentative de créer une réalité militaire de fait, susceptible de diviser le Soudan en cantons en guerre. L’Arabie saoudite a elle aussi mis en garde contre les risques de chaos et de division.
Cette escalade survient dans un contexte de conflit ouvert depuis avril 2023 entre l’armée soudanaise et les RSF. Tandis que l’armée contrôle Khartoum et la majeure partie du nord et de l’est du pays, les RSF dominent le Darfour et des zones de Kordofan. Ce conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts et provoqué la pire crise mondiale de faim et de déplacements, selon l’ONU.
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