Mali
Au moins deux civils ont été tués pendant le week-end dans la ville enclavée de Ménaka dans le nord-est du Mali, non loin du Niger, lors de troubles entre membres de différentes communautés.
Ménaka est située dans une région désertique où l'État malien n'a que très peu de contrôle. Sont présents en ville des soldats maliens, des Casques bleus onusiens et des combattants de groupes armés signataires des accords de paix de 2015, qui assurent ensemble la sécurité.
Il y a eu samedi "deux morts" après "des échauffourées entre populations", a dit à l'AFP un cadre de l'un des groupes armés pro-gouvernemental. Le bilan a été confirmé par un membre de la société civile et un journaliste local, sous couvert de l'anonymat en raison des tensions. La mission de l'ONU au Mali, la MINUSMA, a de son côté évoqué trois décès.
Samedi, des élèves venus passer les épreuves du baccalauréat en ville et souhaitant repartir vers leurs villages sur des camions de marchandises - moyen de transport privilégié dans cette zone -, ont essuyé un refus de l'armée de les escorter, racontent les sources locales.
Des échauffourées ont éclaté entre ces voyageurs en colère et les occupants d'un véhicule. Ces derniers, des combattants du groupe armé pro-gouvernemental Mouvement pour le salut de l'Azawad-Dahoussak (MSA-D, basé notamment à Ménaka), ont ouvert le feu.
Des échauffourées ont ensuite éclaté en ville durant la journée entre "membres de communautés différentes", selon la source onusienne. "Certaines tensions ont visé les Dahoussak en réaction", ont affirmé des sources locales.
Les leaders communautaires ont appelé au calme, comme Harouna Ibatane Yatarra, président de l'organisation de la jeunesse de Ménaka, qui a demandé sur une radio locale à la jeunesse "d'éviter de casser, d'éviter de brûler".
Les attaques du groupe État islamique (EI) sont également fréquentes dans la région, où plusieurs centaines de civils ont été tués en mars-avril, selon l'ONU.
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