Kenya : les manifestations contre un centre Ebola tournent à l'affrontement
La police antiémeute a déployé d'importants effectifs et utilisé des gaz lacrymogènes face à des manifestants qui lançaient des projectiles et érigeaient de petits barrages enflammés dans les rues. Selon des sources locales, au moins trois personnes ont été tuées au cours des deux dernières semaines de mobilisation et plus d'une dizaine de manifestants ont été arrêtés. Au cœur de la controverse figure un projet soutenu par les États-Unis visant à construire un centre de quarantaine spécialisé. De nombreux habitants craignent que cette installation n'expose les communautés locales au virus Ebola, alors qu'aucun cas n'a été officiellement recensé au Kenya. Le différend a pris une dimension politique et juridique. La Haute Cour du Kenya a ordonné la suspension des travaux et interdit l'accueil de patients étrangers dans l'attente de l'examen d'un recours déposé notamment par l'Ordre des avocats du Kenya et une organisation de défense de la Constitution. Les opposants dénoncent un manque de transparence et l'absence de consultation publique. Les autorités, de leur côté, présentent le projet comme une extension de la coopération sanitaire de longue date entre Nairobi et Washington. La situation est d'autant plus sensible que l'Ouganda voisin a signalé 19 cas confirmés d'Ebola, alimentant les inquiétudes régionales. Entre préoccupations sanitaires, enjeux de souveraineté et défiance envers les autorités, cette crise illustre les difficultés rencontrées pour concilier prévention des épidémies et adhésion des populations locales.