Ethiopie
La Chine a offert lundi sa médiation pour le règlement des "différends" dans la Corne de l'Afrique, en ouverture d'une conférence avec les pays de cette région en proie aux conflits où elle a de nombreux intérêts.
La première conférence "Chine-Corne de l'Afrique sur la sécurité, la gouvernance et le développement" réunit jusqu'à mardi à Addis Abeba la Chine, représentée par son envoyé spécial pour la Corne de l'Afrique Xue Bing, l'Ethiopie, Djibouti, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l'Ouganda, représentés par un ministre ou un ambassadeur. L'Erythrée, invitée, n'était pas présente.
"Je suis prêt à fournir une médiation aux règlements pacifiques des différends, sur la base de la volonté des pays de cette région", a déclaré Xue Bing, dont la nomination en février a montré la détermination de Pékin à s'impliquer diplomatiquement dans cette région en proie à divers conflits, en Ethiopie, Somalie et Soudan du Sud notamment.
La Chine possède à Djibouti un port et son unique base militaire en Afrique propre à sécuriser ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région.
"Nous avons appris de l'Histoire que la Corne de l'Afrique ne doit devenir l'arrière-cour d'aucun pays", a souligné l'envoyé spécial chinois, rappelant que "beaucoup avaient souffert" de la "domination coloniale" et que les "confrontations de la guerre froide avaient amené sur le continent les brûlures de la guerre".
Il a appelé à "éviter l'ingérence dans les affaires internes d'autres pays" et "à rejeter l'abus de sanctions unilatérales".
Les Etats-Unis ont retiré en novembre l'Ethiopie d'un important accord commercial, l'Agoa, en raison des atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit opposant depuis novembre 2020 le gouvernement aux rebelles de la région du Tigré et ont imposé en 2021 des sanctions à l'Erythrée, en raison de son implication dans ce conflit.
En visite à Asmara en janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait exprimé l'opposition de la Chine aux sanctions américaines contre l'Erythrée, pays fermé vivant sous un régime autoritaire.
M. Xue s'est dit "convaincu" que la Corne de l'Afrique a la capacité de "résoudre ses divergences via le dialogue et les consultations", même si "certaines divergences sont difficiles à appréhender car elle remontent à l'époque coloniale".
Il a également annoncé la disponibilité de la Chine à soutenir divers projets en matière de sécurité alimentaire, santé, transports, promotion du commerce ou de renforcement des compétences.
"Cette initiative appartient, est dirigée, gérée et pilotée par les pays de la Corne, et la Chine n'a qu'un rôle de soutien", a souligné en ouvrant les travaux Redwan Hussein, conseil à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.
"Ce sont nos problèmes (...) et la solution (...) doit venir de l'intérieur. Le succès ou l'échec de cette conférence dépendra de nous et de personne d'autre", a-t-il ajouté.
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