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Israël-Maroc : signature des premiers accords

Deux représentants d'Israël et du Maroc se saluant avant la signature d'un accord.   -  
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Maroc

En visite diplomatique au Maroc pour officialiser la normalisation des relations entre le Royaume chérifien et l'Etat hébreu, la délégation israélo-américaine a signé une déclaration promettant le rétablissement rapide de liaisons aériennes directes. Cette visite est le premier aboutissement de la longue négociation qui a conduit le Maroc à devenir le quatrième pays arabe à se rapprocher d'Israël, en contrepartie d'une reconnaissance américaine de sa "souveraineté" dans l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

Un accord qualifié de "tournant historique" par le roi du Maroc Mohamed VI, marquant une "nouvelle ère de coopération", selon Jared Kushner, et une "nouvelle percée majeure pour la paix", selon le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Cette déclaration sera désormais la feuille de route des trois pays concernant le Sahara marocain, les relations israélo-marocaines et l'établissement de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient en général", a déclaré le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita.

L'accord propose également l'installation d'un consulat américain au Sahara occidental, ainsi que la réouverture de bureaux diplomatiques à Tel-Aviv et Rabat, fermés depuis le début des années 2000.

"Au nom du Premier ministre Benjamin Netanyahou, je voudrais exprimer sa profonde considération à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour son courage et sa vision de nos relations. Les relations chaleureuses entre le Palais royal, le peuple marocain et les Juifs marocains en particulier sont connues dans le monde entier. Elles seront un pont entre les deux pays, mais également une pierre angulaire pour la paix entre leurs deux peuples", a ajouté le conseiller israélien à la Sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat.

Plus que des signaux diplomatiques, l'accord prévoit un développement de la coopération économique. Les Etats Unis ont annoncé un programme d'investissements américain à hauteur de plusieurs milliards de dollars.

La liaison aérienne entre Tel Aviv et Rabat a été inaugurée par Jared Kushner, le gendre et conseiller du président américain sortant Donald Trump, et le conseiller à la sécurité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Meir Ben Shabbat. Parti en grande pompe de l'aéroport de Tel Aviv, l'avion s'est posé sans fanfare à l'aéroport de Rabat, avant une série de rendez-vous officiels, dont une audience au Palais royal.

Déclaration tripartite

Une déclaration tripartite signée mardi à Rabat récapitule les différents engagements des uns et des autres : ouverture d'un consulat américain à Dakhla, (sud du Sahara occidental), aide américaine au développement de l'ancienne colonie espagnole, rétablissements de relations diplomatiques entre Israël et Maroc, développement de la coopération économique et ouverture de vols directs entre les deux pays.

Les Etats-Unis ont promis trois milliards de dollars de "soutien financier et technique à des projets d'investissement privés" au Maroc et en Afrique subsaharienne "en coordination avec des partenaires marocains", dans un mémorandum d'entente signé mardi. Point crucial pour Rabat, Jared Kushner a répété avec force le soutien du président Trump au Maroc sur la question du Sahara occidental, territoire désertique que revendiquent aussi les indépendantistes du Polisario soutenus par l'Algérie. Des négociations pilotées par les Nations unies sont au point mort depuis le printemps 2019.

"En reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, le président Trump a rejeté les status quo ratés qui ne bénéficiaient à personne, et à la place, il a mis en route une solution durable et mutuellement acceptable", a affirmé Jared Kushner au cours d'une conférence de presse.

"Une vraie autonomie est la seule option faisable, mais cela prendra du temps et nous appelons toutes les parties à s'engager de façon constructive auprès des Nations unies pour avancer dans les négociations", a-t-il dit en reprenant la solution de Rabat dans les négociations pilotées par l'ONU. Le Polisario, lui, veut l'indépendance et demande que soit organisé le référendum d'autodétermination prévu par l'ONU.

Accords de coopération

Le Maroc est le quatrième pays arabe à annoncer cette année une normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. L'Etat hébreu et le Royaume chérifien ont signé mardi quatre accords de coopération dans les domaines de l'eau, de l'aviation et de la finance. Le bureau de liaison avec Israël - fermé en 2000 - sera rouvert à Rabat dans un délai de deux semaines, a précisé le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Les vols directs vont permettre aux touristes israéliens de venir directement au Maroc. Jusque-là, les quelque 50 000 à 70 000 touristes qui venaient chaque année d'Israël, pour beaucoup originaires du Maroc, devaient transiter par d'autres pays. "Ce voyage a captivé l'imagination des Israéliens, et surtout le million d'ascendance marocaine", a souligné Jared Kushner.

Le Maroc compte toujours la plus importante communauté juive d'Afrique du Nord (environ 3 000 personnes) et reconnaît dans sa Constitution son "affluent hébraïque". Mais comme le Sahara, le soutien aux Palestiniens y est considéré une "cause nationale".Dès l'annonce de la reprise des relations diplomatiques, Mohammed VI avait assuré au président palestinien Mahmoud Abbas la poursuite de "l'engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste". Le monarque de 57 ans a réitéré mardi la "position constante" du royaume basée sur une solution à deux Etats.

Si la reconnaissance américaine de la "marocanité du Sahara" a été largement saluée dans le royaume, la reprise des relations avec l'Etat hébreu a été critiquée. Mardi, une coalition regroupant une trentaine d'associations et de partis d'extrême gauche marocains a dénoncé la visite de la "délégation sioniste", appelant à "résister à la normalisation" avec Israël.

Israel et le Maroc avaient déjà entretenu des relations officielles dans les années 1990, avant le déclenchement de la deuxième intifada en 2000.

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