Somalie
La Corne de l'Afrique a encore une fois connu un regain de tensions ce week-end. La Somalie a décidé de rappeler son ambassadeur à Nairobi et d'expulser l'ambassadeur kenyan à Mogadiscio.
Une décision du ministère des affaires étrangères somalien qui fait suite à ce qu'il dénoncent être une implication de son voisin dans sa politique intérieure. Selon lui le Kenya aurait interféré dans les élections régionales de l'Etat du Jubaland.
Ce n'est pas la première fois que les relations diplomatiques entre les deux pays d'Afrique de l'Est se crispent. Après que des gisements de pétrole aux larges des côtes, contestés par les deux pays, aient été mis aux enchères par la Somalie, le Kenya avait rappelé son ambassadeur à Mogadiscio en février dernier et expulsé l'ambassadeur somalien. La dispute autour des zones d'exploitation d'hydrocarbures avait d'ailleurs était amenée par la Somalie devant la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye, pour demander justice après que le Kenya ait accordé à plusieurs entreprises des mandats d'exploration.
Le Jubaland au cœur du problème
L'état du Jubaland, l'un des cinq états semi autonomes de la Somalie et "zone tampon" décidée par le Kenya pour se protéger des attaques terroristes sur son territoire, se trouve aujourd'hui au centre des tensions diplomatiques entre les deux pays d'Afrique de l'Est.
Mais ce qui dérange surtout de nombreux somaliens, c'est la présence de troupes kenyanes au sein de la force de l'AMISOM, la mission de l'Union Africaine en Somalie, vécue comme un enracinement du Kenya dans le Jubaland.
En 2011, l'armée kenyane avait traversé la frontière pour lutter contre les terroristes affilié au groupe Al-Shebab qui visaient le nord de son territoire. Même si la présence des forces armées kenyanes s'est réduite ces dernières années, les opérations militaires conduites par le Kenya n'ont pas cessées en Somalie.
Alors que la mission de l'Union Africaine devrait terminer son mandat dans le pays en décembre 2021, le Kenya fait face aujourd'hui à un dilemme: laisser la lutte contre la principale menace terroriste en Afrique de l'Est à l'armée somalienne ou continuer ses opérations au nom de la protection des kenyans.
Ce qui est sûr, c'est que ses intérêts chez son voisin du Nord ne sont pas prêt d'arrêter de guider la politique militaire du Kenya.
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