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Somalie : la sécheresse plonge six millions de personnes dans la faim

Une Somalienne et ses enfants, déplacés par la sécheresse, dans un camp à Mogadiscio, le 13 juillet 2011.   -  
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Malnutrition

La Somalie fait face à une nouvelle crise humanitaire majeure, alimentée par la sécheresse, les conflits et la diminution de l’aide internationale.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), environ six millions de personnes, soit près d’un tiers de la population, sont actuellement confrontées à une situation de faim aiguë. Près de deux millions se trouvent à un niveau d’urgence.

Les enfants sont particulièrement exposés. Près de deux millions d’entre eux devraient souffrir de malnutrition aiguë en 2026, alors que les structures de santé et les organisations humanitaires peinent à répondre à l’augmentation des besoins.

Sécheresse, conflits et hausse des prix

La crise résulte d’une succession de chocs. Plusieurs saisons marquées par des précipitations insuffisantes ont réduit les ressources en eau, détruit des récoltes et provoqué des pertes de bétail, dont dépendent de nombreuses familles pour vivre.

À ces difficultés climatiques s’ajoute une situation sécuritaire toujours instable. La Somalie reste confrontée à l’insurrection des shebabs ainsi qu’à des affrontements armés dans plusieurs régions.

La hausse des prix du carburant et des produits alimentaires accentue également la pression sur les ménages. Pour les familles les plus vulnérables, acheter suffisamment de nourriture devient de plus en plus difficile.

Cette dégradation des conditions de vie pousse aussi de nombreux Somaliens à quitter leur foyer. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées au cours du deuxième trimestre 2026.

À Baidoa, les enfants particulièrement touchés

La situation est notamment préoccupante dans les camps de déplacés de Baidoa, dans le sud-ouest du pays.

Selon Médecins sans frontières (MSF), un enfant sur deux y souffre de malnutrition aiguë et un sur quatre de malnutrition aiguë sévère. Un tiers des familles présentes dans ces camps ne disposerait que d’un seul repas par jour.

Les équipes médicales constatent également une aggravation de l’état des enfants pris en charge. Certains arrivent dans les structures de santé après plusieurs mois de privations, avec des complications importantes.

La malnutrition affaiblit leur organisme et les rend plus vulnérables à d’autres maladies. MSF signale notamment des cas de rougeole et de diphtérie.

Même après avoir reçu des soins, certains enfants retournent dans des conditions extrêmement précaires, sans alimentation suffisante ni accès régulier à l’eau potable. Ils risquent alors de retomber rapidement malades.

L’aide humanitaire frappée par le manque de financements

Alors que les besoins augmentent, les organisations humanitaires disposent de moins de ressources. La baisse des financements internationaux a entraîné une réduction de plusieurs programmes essentiels.

Selon l’Unicef, plus de 200 centres de santé et de nutrition ont fermé dans le pays. En mai, l’aide alimentaire disponible ne permettait de couvrir qu’environ 12 % des six millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire aiguë, selon les estimations du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Cette diminution de l’assistance intervient alors que la Somalie reste extrêmement vulnérable aux variations climatiques.

Après la sécheresse, la menace des inondations

Une nouvelle difficulté pourrait en effet apparaître dans les prochains mois. Le phénomène climatique El Niño pourrait entraîner de fortes précipitations d’ici la fin de l’année, faisant craindre des inondations dans plusieurs régions.

La Somalie pourrait ainsi passer d’une grave sécheresse à des pluies destructrices, dans un pays où les populations ont déjà été fragilisées par les déplacements, la faim et des années d’insécurité.

Pour les organisations humanitaires, l’urgence est désormais de renforcer l’aide alimentaire, l’accès à l’eau et la prise en charge nutritionnelle afin d’éviter une nouvelle détérioration de la situation.